Le harcèlement des migrants à Grenoble (suite)

L’abjection

Ça se passe en France, plus précisément à Grenoble et à Saint-Martin d’Hères. La police nationale a harcelé plusieurs jours durant des familles fraîchement arrivées de Serbie et de Macédoine, dans le plus grand dénuement. Elle les a poursuivies partout, presque mètre par mètre, les empêchant de se poser quelque part. Il y avait des enfants, des femmes enceintes. Devant les protestations des militants, la réponse était invariablement : « Ce n’est pas notre problème, on a des ordres ».

A Grenoble, sur ordre de la mairie, la police les a expulsés brutalement de l’endroit où les familles s’étaient réfugiées. Ces familles, accompagnées de miltant.e.s, ont alors rencontré plusieurs responsables de l’équipe municipale – Madame Barnola et Monsieur Ben Habou du cabinet du maire, et Monsieur Angotti, directeur du CCAS – pour demander que cessent le harcèlement et les violences policières, afin que les familles puissent organiser leur survie, ce qui passe au minimum par un hébergement. Refus catégorique.

Ce n’est qu’au campus universitaire, après l’intervention du réseau RUSF, que leur course a pris fin et que des personnes bienveillantes leur ont donné des tentes et un peu de réconfort.

Quant aux collectivités locales et leurs services sociaux, elles n’ont pas bougé. Le Conseil départemental en particulier, pourtant chargé de la protection de l’enfance en danger, a une fois de plus brillé par son absence. Son «service dédié» s’est contenté de prendre un rendez-vous une semaine plus tard, car «les responsables étaient en vacances».

Plus fort encore, le CCAS de Saint-Martin d’Hères a envoyé un message aux collectifs militants pour qu’ils assurent une prise en charge.

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Mobilisation contre l’expulsion du 113 cours de la Libération à Grenoble

Depuis plusieurs mois, des familles occupent une maison située au 113 cours de la Libération à Grenoble. Aujourd’hui, environ 80 personnes y vivent, dont une cinquantaine d’enfants. La maison appartient à l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, plus connue sous le nom de Mormons. Ceux-ci projettent de la détruire afin de construire un lieu de culte. Mais le projet n’est pas pour tout de suite, et il n’y a 113donc pas d’urgence à expulser ces familles.

Du reste, jusqu’à présent, celles-ci, épaulées par des militant-e-s, avaient réussi à s’entendre avec le propriétaire qui s’était engagé à ne pas les faire expulser avant la fin de la trêve hivernale. Mais fin janvier, revirement : les occupant-e-s ont appris que l’expulsion aurait lieu le jeudi 4 février…

Ils ont alors lancé un appel à soutien et alerté les médias. Le 4, dès 6h du matin, de nombreuses personnes ont répondu à l’appel : des collectifs militants tels que le DAL (droit au logement), le collectif Hébergement Logement et la Patate Chaude, des associations comme Roms Action, le Centre d’information inter-peuples (CIIP), l’École Ici et Maintenant (EIM!) et l’École de la paix, des étudiant-e-s, des voisin-e-s, des institutrices, des parents d’élèves se sont retrouvés pour soutenir les familles face à la violence de cette expulsion en pleine trêve hivernale.

Des médias étaient présents aussi, et FR3 Alpes (journal du 4/02), Particité et Place Gre’net ont notamment fait des reportages. Vers 10h, un journaliste a contacté les militant-e-s sur place pour annoncer que la préfecture « déprogrammait » l’expulsion.

Les habitant-e-s savent ce qu’ils veulent, et souhaitent dire haut et fort ce qu’ils subissent, depuis des mois, des années. Ils dénoncent la stigmatisation envers les Roms, les portes fermées, la violence, la maltraitance, les discriminations, les politiques publiques (qu’elles soient municipales, départementales ou nationales) qui les empêchent de stabiliser leurs situations, leurs hébergements, la scolarisation des enfants, toutes ces choses qui leur permettraient de trouver du travail et de se construire une vie « comme tout le monde ».

L’expulsion peut être « reprogrammée » à tout moment. En effet, la préfecture semble déterminée à voir ces familles expulsées. D’après les propriétaires, elle aurait insisté pour que cette expulsion se fasse au plus vite…

Patate chaude

Suraccident dans un bidonville : suite à un incendie, l’État met les victimes à la rue

Le mardi 29 décembre, un incendie s’est déclaré dans le bidonville situé entre la Bifurk et la MC2 (rue Flaubert), à Grenoble. En urgence, l’État (la préfecture) par le biais de la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) et le centre communal d’action sociale (CCAS) de Grenoble ont ouvert le gymnase Daudet pour les mettre à l’abri. Deux jours plus tard, celui-ci était fermé, et les familles étaient hébergées dans des hôtels. Certaines ne voulaient pas y aller, car elles savaient que ce ne serait que pour quelques nuits. Elles auraient préféré pouvoir retourner sur le bidonville, où les 2/3 des baraques qu’elles avaient construites n’avaient pas brulé. Mais bien que la procédure d’expulsion engagée par le propriétaire, la SLPA Sages (société publique en charge de l’aménagement du territoire grenoblois), n’ait pas abouti, l’accès en a été interdit, et un vigile a été placé à l’entrée pour le surveiller.

Lors du déplacement des familles à l’hôtel, le CCAS s’engageait à les reloger au moins 15 jours. L’État, par contre, ne s’était engagé que pour 4 jours. Ainsi, le 4 janvier, 11 personnes environ ont été sorties sans proposition de relogement de l’hôtel Bel Alpes de Seyssinet-Pariset en violation de la loi sur la continuité de l’hébergement d’urgence. En pleine trêve hivernale, M. Vigezzi, secrétaire général de l’association La Relève, chargée de la gestion de ces places en hôtel financées par la DDCS, a donc sommé les familles de s’en aller. Aucune autre solution ne leur a été proposée.

Ainsi le préfet, qui a pourtant une obligation légale de proposer un hébergement aux personnes à la rue, non content de ne mettre à l’abri que le quart des familles (laissant au CCAS de Grenoble la charge des autres), délègue à une association, puis à des hôteliers, la responsabilité de les remettre à la rue en plein hiver. Lire la suite

La demande du préfet rejetée !

Le préfet de l’Isère avait demandé au tribunal administratif d’ordonner l’expulsion immédiate des occupant-e-s de l’ancien centre d’hébergement situé à Grenoble, au 11 Avenue Paul Verlaine.
 Centre de la rue Verlaine
Le juge a estimé que :
– l’occupation des locaux n’empêche pas l’accomplissement de missions de service public ni la réalisation d’un quelconque projet public,
– il n’était pas prouvé que les locaux étaient plus insalubres à présent que lorsqu’il s’agissait d’un centre d’hébergement géré par l’Arépi à la demande de la préfecture,
– l’occupation du bâtiment ne provoque pas un trouble à l’ordre public auquel le préfet ne pourrait faire face,
– si l’occupation entraîne des nuisances pour le voisinage, ceci n’est pas dû à son caractère illégal, mais c’était déjà le cas lorsqu’il s’agissait d’un centre d’hébergement mis en place par la préfecture,
– la situation irrégulière sur le territoire des habitant-e-s évoquée par la préfecture n’a pas d’influence sur l’appréciation de leur occupation d’un bien public.
En conséquence de quoi il a rejeté la demande de la préfecture.
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Voir le jugement complet sur le site du tribunal administratif.
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Le site d’information grenoblois Place Gre’net a publié un article sur le sujet avec des interviews vidéo ainsi que notre réaction, que voici :
Nous nous félicitons de cette décision du tribunal administratif, même si l’occupation de ce bâtiment n’est pas une fin en soi pour les personnes qui l’habitent. Nous attendons à présent que l’État, le Conseil général, la Métro et les communes mettent en place des structures d’hébergement conséquentes qui évitent que ce type de situation ne se reproduise sans cesse, et que la préfecture permette aux personnes concernées d’accéder, comme elles le souhaitent, au droit commun et à un logement digne de ce nom.

La lutte contre la fermeture de Verlaine et les remises à la rue continue !

14 07  05 Marche Verlaine-blogJeudi 10 juillet

Les événements de la matinée donnent à voir à le cynisme de la préfecture de l’Isère et de la direction de l’AREPI, qui savent renouveler leurs stratégies pour arriver à leurs fins.
L’AREPI a essayé (en vain) de faire déménager les équipements du lieu par une équipe de personnes qu’elle « accompagne » et qui sont en correctionnelle, donc ne peuvent guère s’opposer au travail qu’on leur demande.
La préfecture a envoyé 3 de ses sbires, dont Mme Malerba du Service Immigration et Intégration et 2 traducteurs, pour faire comprendre aux hébergé-e-s que la seule solution qu’il leur restait était le retour « volontaire » au pays. Cela consiste à acheter – à hauteur de 50 euros par adulte et de 30 euros par enfant – leur disparition momentanée du pays pendant deux ans (l’aide financière étant assujettie à l’interdiction de retour sur le territoire pendant 2 ans). L’acceptation de cette proposition étant LA condition à laquelle ils pourraient « bénéficier » d’un hébergement en hôtel jusqu’à leur vol..
Nous avons quand même eu la joie mesquine, alors que nous bloquions les entrées, de voir l’une de ces envoyée de la préfecture, attifée comme pour un mariage, se hisser péniblement à l’intérieur du bâtiment en rentrant par la fenêtre.
La préfecture a de l’humour : pour coller à l’ambiance « vacances », elle a même sollicité trois minibus de tourisme pour emmener les personnes vers les hôtels situés dans des lieux de plaisance bizarrement situés non loin de l’aéroport de St Geoirs (hasard ou vice ?).
Nous vous passons les détails sur les agents du gaz et de l’électricité venus couper les fluides, repartis bredouilles, et sur les discours creux des sieurs CALUORI, BAYOT et BALESTAS (respectivement directeurs et président de l’AREPI-L’Etape).

La préfecture donne des indications contradictoires, indiquant tantôt que l’AREPI s’apprête à quitter les lieux et qu’un constat d’huissier doit être fait pour constater leur occupation par les hébergé-e-s, puis demandant à l’AREPI de prolonger leur convention et de se maintenir sur place.
Pendant ce temps-là, la mairie ne donne guère de signe d’intérêt et de considération pour les hébergé-e-s et pour la mobilisation.
La Métro peine à avancer sur un projet de plate-forme d’hébergement.
Le Conseil Général est brillant de mutisme sur la question de ces familles avec enfants, parfois en bas âge, menacées depuis des jours d’une (sur)vie dans la rue.

Mais les soutiens sont là, parmi les associations d’entraide et d’Alerte Isère, qui se battent pour interpeller les pouvoirs publics et pour soutenir les hébergé-e-s,
parmi les personnes qui reviennent chaque jour avec du café, des gâteaux,
parmi les personnes qui osent venir « pour la première fois ».
Les hébergé-e-s sont fatigué-e-s mais pas dupes. Certains « craquent » et acceptent d’aller en hôtel, en sachant que ce n’est que pour quelques jours.
Notre soutien est important. La lutte s’ancre dans nos quotidiens. Nous ne lâcherons pas !

Pas une personne sans logement décent ! Pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère, du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies) et de la CIP38 (Coordination Intermittent.e.s et Précaires en lutte).


Mercredi 9 juillet

Rassemblement Verlaine 4-7-2014

Les hébergé-e-s ont été convoqué-e-s hier par le directeur de l’Arépi, M. Caluori, pour transmettre les ordres de la préfecture. Celle-ci continue de dire qu’il n’y a aucune solution d’hébergement, mais qu’il reste une solution : l’aide au retour volontaire (!). L’annonce a été faite que le foyer serait fermé cette semaine, et l’eau et l’électricité coupés.
La préfecture laisse ainsi planer la peur d’une expulsion imminente depuis maintenant 4 jours.

Le collectif Alerte Isère a fortement interpellé le préfet, le préfet de Région, la Métro et la Ville.
Il a placé en priorité, avant toute autre démarche, la résolution du problème des personnes de Verlaine.

La préfecture se fout des personnes, du social, des lois qui protègent les gens, et affiche un cynisme décomplexé.
La Métro travaille à la mise en place urgente d’une plate-forme hébergement – mais pour quand ??
La Ville ne veut pas intervenir en tant que telle.
Le Conseil Général n’a pas bougé le petit doigt…
Une fois encore, des enjeux politiques (ici, un bras de fer entre l’Etat et les collectivités territoriales) foulent au pieds les plus démunis.
La lutte s’amplifie. Nous (hébergé-e-s, militant-e-s, associations de plus en plus en colère) ne lâcherons pas.

Pas une personne sans logement décent ! Pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère, du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies) et de la CIP38 (Coordination Intermittent.e.s et Précaires en lutte).


Dimanche 6 juillet

Voici maintenant deux jours que la mobilisation contre la fermeture du centre Verlaine et l’expulsion des hébergé-e-s continue, avec le collectif Hébergement-Logement et le soutien de nombreuses associations, dont le réseau Alerte Isère, mais aussi des syndicats et des individu-e-s. L’ensemble du mouvement a fortement interpellé la préfecture, notamment lors de la marche vendredi matin, mais aussi la Métro, la mairie de Grenoble, et l’association AREPI qui gère le centre. Il reste sur le site environ 85 personnes parmi les 120 hébergées au départ. Des familles se sont vu proposer d’aller en hôtel pour une durée soi-disant indéterminée alors que la préfecture a annoncé qu’elle ne paierait pas plus de 3 nuits d’hôtel. Le directeur de l’AREPI, M. Caluori, dit en permanence aux personnes qu’elles vont être expulsées sous peu ; ce harcèlement pèse sur les hébergé-e-s depuis 3 jours.

La lutte continue…

Devant les expulsions, Résistons !

Dimanche 6 juillet, restez disponibles !!

Lundi 7 juillet Petit déjeuner solidaire Dés 6h du matin 11 avenue Paul Verlaine, Grenoble

Pas une personne sans un toit décent, pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère et du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies)

Marche de la colère et de la dignité

25 avril 2014

La marche était appelée par la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants1 (CISEM), en Banderole logements décents et adaptés préfectureécho à une autre marche organisée en 2001. Elle a été organisée par les individus et organisations en lutte, depuis la fin mars, contre les remises à la rue des personnes hébergées dans le cadre du dispositif d’hébergement d’urgence hivernal, et pour un toit pour toutes et tous. Ce mouvement réunit des personnes hébergées ou remises à la rue, des personnes solidaires, les organisations de la CISEM ainsi que d’autres, comme RESF (2) ou la CNL (3).

Environ 150 personnes se sont réunies sur la place de Verdun, devant la préfecture de l’Isère, pour rappeler que l’État est le premier responsable des remises à la Banderole pas une personne sans toit décentrue, et plus généralement des politiques de discrimination et de répression des étrangers qui font le jeu de la xénophobie grandissante en France. Épinglée sur son non respect de la loi sur l’hébergement (alors qu’elle est censée être le garant du respect de la loi en Isère), la préfecture renvoie généralement la patate chaude aux communes, auxquelles elle reproche de ne pas faire leur part.

De nombreuses banderoles et panneaux ont été tendus et brandis, qui clamaient « Pas une personne sans toit décent, ni un toit sans personne dedans », « Des logements décents et adaptés pour tou.te.s » ou encore « Contre toutes les expulsions, solidarité ! ». Le tract suivant, de notre cru, a été distribué durant toute la manifestation :

tract marche 25 avril

La manifestation s’est ensuite mise en branle en direction du Conseil général, responsable de missions Banderole logements décents et adaptés rue du CGsociales, notamment celle de la protection de l’enfance. Depuis un peu plus d’un an, il essaie de se débarrasser des chambres d’hôtel qu’il assurait jusqu’ici aux familles avec enfants à la rue, essayant de refiler la patate chaude à l’État, arguant que l’hébergement relève de sa compétence. Au Conseil général, une prise de parole a eu lieu, quelques slogans ont été scandés, et des tracts distribués aux personnes se trouvant là.

Après quoi le cortège, qui grossissait au fur et à mesure de l’arrivée de nouvelles personnes, s’est dirigé vers la mairie de Grenoble. Si la nouvelle municipalité grenobloise soutient le mouvement de lutte contre les Banderole contre les expulsions solidarité mairieexpulsions, elle n’a pas proposé de solution concrète aux personnes remises à la rue, refilant, comme l’ensemble des communes de l’agglomération, la patate chaude à l’État. Les nouveaux élu-e-s de Grenoble ont en effet évoqué avec le préfet la possibilité de mettre un bâtiment communal à disposition pour l’hébergement, mais refusent de le faire si la préfecture n’assure pas l’accompagnement social des personnes – ce que cette dernière se refuse à faire. Des slogans tels que « non aux expulsions » ont résonné dans le hall de l’hôtel de ville.

Salle du conseil de la MétroPuis les manifestant-e-s se sont remis-es en marche vers la Métro (la communauté de communes), où les maires de toute l’agglomération se réunissaient pour élire le nouveau président. Dès l’entrée dans les locaux, des responsables à cravate sont venus expliquer aux manifestant-e-s qu’hélas, ils tombaient mal, puisqu’aujourd’hui c’était l’élection du président de la Métro, et qu’il faudrait revenir une autre fois. Mais les manifestant-e-s voulaient parler à tous les maires de l’agglomération, et ne démordirent pas de l’envie de saisir cette occasion unique. Après quelques discussions sans issue, ils sont donc entrés en force.

Devant le fait accompli, une délégation a ainsi obtenu le droit de s’exprimer devant l’assemblée des maires etPrise de parole de Jo à la Métro des élus. Plusieurs personnes militantes, hébergées et sans-abri sont intervenues pour dire leur refus des remises à la rue et du jeu de patate chaude que se livrent les responsables politiques. Le tract (ci-dessus) a été lu sous les applaudissements des manifestant-e-s et d’une partie des élus communautaires. Des slogans, et notamment la revendication « hiver comme été, un toit est un droit » ont tonné dans la salle du conseil de la Métro.

La direction générale des services de la Métro s’est finalement engagée, par écrit, à ce que les futurs élu-e-s rencontrent les services de la préfecture compétents en matière d’hébergement et de logement, puis, à l’issue de cette rencontre, à ce qu’une délégation soit reçue par le futur président le mercredi 30 avril 2014 à 10h00 (voir ci-dessous).

Engagement Métro

La manifestation est ensuite retournée sur la place de Verdun aux cris de « Pas une personne sans toit décent, pas de logement sans personne dedans », pour se disperser.

Banderole contre les expulsions solidarité Jean Pain

Le collectif La Patate Chaude, le 27 avril 2014

1 AC ! Agir contre le chômage, Association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection (APARDAP), Centre d’information inter-peuples (CIIP), Comité de soutien aux réfugiés algériens (CSRA), collectif La Patate Chaude, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Réseau université sans frontière (RUSF), Pour une alternative syndicale (PAS), Solidaires, Syndicat multiprofessionnel des travailleurs sans papiers CGT, Europe écologie les Verts (EELV), Les Alternatifs, Fédération de l’Isère du Parti communiste français (PCF), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG), Ras l’Front

2 Réseau éducation sans frontières.

3 Confédération nationale du logement.

Fin du dispositif d’hébergement hivernal

Comme chaque année, le dispositif d’hébergement hivernal pour personnes sans abri va fermer fin mars. En Isère, de l’aveu même du préfet qui en est responsable, environ 360 places devraient ainsi être supprimées fin mars. Depuis quelque temps déjà, les associations en charge de l’hébergement hivernal font pression sur les personnes qu’elles accueillent pour qu’elles quittent leurs hébergements, alors que la majorité ne se voit offrir aucune solution et n’a donc pas où aller. Des personnes ont déjà été remises à la rue à coups de chantage, de menaces et d’autres procédés peu reluisants. Les premières victimes en sont les migrant-e-s et les personnes sans papiers, en raison de leur situation précaire et du fait qu’elles n’ont souvent pas accès à de nombreux droits, dont le travail et le logement social.

Manifestation 5juillet 2013

Jeudi 27 mars, la CISEM (coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants), en lien avec des personnes hébergées, a organisé un rassemblement devant la préfecture. Étaient présents, entre autres, des membres de : RESF, LDH, CIIP, NPA, Alternatifs, CSRA, Apardap, Patate chaude, mais aussi la CNL (confédération nationale du logement), le PCF et le collectif Défends-toit. Le lien a été fait entre les expulsions des centres d’hébergement et les expulsions locatives qui redémarrent la semaine prochaine.

Une délégation composée de 2 personnes hébergées dans des centres, une personne sans domicile, un représentant de la CNL et deux de la CISEM a été reçue en préfecture. Le préfet a déclaré qu’il était tenu à un devoir de réserve en période électorale, et ne pouvait donc de recevoir de délégation. C’est donc la directrice de son cabinet qui l’a reçue. Elle se contentera de répercuter les demandes au préfet.

Rassemblement prefecture 27-03-2014

Rassemblement devant la préfecture le 27 mars

En attendant, la fermeture complète de deux centres gérés par l’AREPI pour le compte de la préfecture est annoncée pour les prochains jours, jetant à la rue environ 110 personnes, dont beaucoup d’enfants scolarisés.

Non seulement c’est inhumain, mais c’est aussi illégal à plus d’un titre (voir ci-dessous), ne serait-ce qu’au regard du Code de l’action sociale et des familles. Et ni les circulaires dont se fend régulièrement le ministre de l’intérieur pour prendre les lois à contre-pied, ni la fin de la période hivernale, ne peuvent contourner les dispositions légales. Pourtant, c’est ce que l’État se prépare à faire, avançant le manque de crédits qu’il a lui-même décidé.

Un nouveau rassemblement est appelé par la CISEM lundi 31 mars à 17 heures place de Verdun pour interpeller le préfet sur cette situation et lui exprimer notre refus des remises à la rue.

 

Patate chaude en colère


Deux textes écrits par la Patate Chaude pour :
– rappeler aux directions et personnels des centres les lois relatives à l’hébergement,
– expliquer leurs droits aux personnes hébergées (traduit en roumain, serbe et arabe).

Courrier aux directions et salariés mars 2014

Courrier aux hébergés mars 2014

Courrier aux hébergés mars 2014 en roumain

Courrier aux hébergés mars 2014 en serbe (latin)

Courrier aux hébergés mars 2014 en arabe – page 1

Courrier aux hébergés mars 2014 en arabe – page 2

Courrier aux hébergés mars 2014 en anglais