Lettre ouverte au Président de la République

Patate chaudeMonsieur le Président de la République,

Ça se passe en France, plus précisément à Grenoble et Saint-Martin d’Hères (Isère).
Depuis près d’un mois, la police nationale harcèle des familles demandeuses d’asile arrivées, dans un dénuement total, de Serbie, Albanie, Macédoine,… Elle les poursuit partout, mètre par mètre, les empêchant de se poser où que ce soit, fût-ce dans un endroit isolé.
Il y a parmi elles des enfants, des femmes enceintes, des personnes malades à qui l’Etat n’a proposé aucune solution d’hébergement malgré l’obligation légale et en dépit de vos récentes déclarations.
Quant au 115, il affiche complet.
Ces derniers jours, un nouveau degré a été franchi dans la violence et l’arbitraire.
Dès qu’une famille, ne sachant où s’abriter, fait halte sur un terrain pour s’y reposer, elle en est non seulement chassée, mais régulièrement ses objets personnels, fournis par des riverains ou des associations, lui sont « confisqués » : couvertures, réchauds, bouteilles de gaz, vêtements.
Aux personnes scandalisées par ces procédés inacceptables, la police répond invariablement : « Ce n’est pas notre problème, nous avons des instructions précises ».
Ainsi, non seulement les droits de l’Homme sont ainsi quotidiennement bafoués, mais les autorités chargées de les faire respecter couvrent voire ordonnent ces violences à l’encontre de celles et ceux qu’elles devraient protéger.
Nous vous demandons :

  • de donner les instructions nécessaires à la chaîne hiérarchique pour que cessent ces violences et cet arbitraire ;
  • de prendre d’urgence les dispositions pour que dorénavant personne, français ou étrangers, quelque que soit son statut, ne se retrouve à la rue. Enfin, il est urgent de mettre enfin en place une politique d’accueil qui fait cruellement défaut à la France et qui la place objectivement parmi les pays les plus hostiles aux migrants

Veuillez agréer, monsieur le Président, nos meilleures salutations

Le collectif Patate chaude

5 août 2017

Le harcèlement des migrants à Grenoble (suite)

L’abjection

Ça se passe en France, plus précisément à Grenoble et à Saint-Martin d’Hères. La police nationale a harcelé plusieurs jours durant des familles fraîchement arrivées de Serbie et de Macédoine, dans le plus grand dénuement. Elle les a poursuivies partout, presque mètre par mètre, les empêchant de se poser quelque part. Il y avait des enfants, des femmes enceintes. Devant les protestations des militants, la réponse était invariablement : « Ce n’est pas notre problème, on a des ordres ».

A Grenoble, sur ordre de la mairie, la police les a expulsés brutalement de l’endroit où les familles s’étaient réfugiées. Ces familles, accompagnées de miltant.e.s, ont alors rencontré plusieurs responsables de l’équipe municipale – Madame Barnola et Monsieur Ben Habou du cabinet du maire, et Monsieur Angotti, directeur du CCAS – pour demander que cessent le harcèlement et les violences policières, afin que les familles puissent organiser leur survie, ce qui passe au minimum par un hébergement. Refus catégorique.

Ce n’est qu’au campus universitaire, après l’intervention du réseau RUSF, que leur course a pris fin et que des personnes bienveillantes leur ont donné des tentes et un peu de réconfort.

Quant aux collectivités locales et leurs services sociaux, elles n’ont pas bougé. Le Conseil départemental en particulier, pourtant chargé de la protection de l’enfance en danger, a une fois de plus brillé par son absence. Son «service dédié» s’est contenté de prendre un rendez-vous une semaine plus tard, car «les responsables étaient en vacances».

Plus fort encore, le CCAS de Saint-Martin d’Hères a envoyé un message aux collectifs militants pour qu’ils assurent une prise en charge.

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Lettre ouverte aux élu-e-s de Grenoble-Alpes Métropole

Grenoble, le 30 juin 2017

A l’attention :   De Christophe FERRARI, Président de Grenoble-Alpes Métropole

De Christine GARNIER, Vice-présidente de la Métro déléguée à l’habitat, au logement et à la politique foncière

De Françoise CLOTEAU, Vice-présidente de la Métro déléguée à l’hébergement

De Marie-José SALAT, Vice-présidente de la Métro déléguée à la lutte contre les discriminations

De l’ensemble des élu-e-s de Grenoble-Alpes Métropole

Lettre ouverte à la Métro_juin 2017

Mesdames, Messieurs,

« Cela fait maintenant plus de 25 ans que des hommes, des femmes et des enfants originaires d’Europe de l’Est, Roms pour la plupart, vivent aux marges de la société française dans des squats ou des bidonvilles1 »

1 – Une politique nationale systématique d’expulsions forcées, coûteuse et inutile depuis…25 ans !

Bien que cette situation scandaleuse de mal-logement ne soit pas nouvelle, la réponse des propriétaires (publics comme privés) reste sensiblement la même :

  1. dissuader les personnes de s’installer durablement en les privant des services publics minimums (eau courante, électricité, toilettes, ramassage des ordures), afin de générer l’insalubrité et justifier ainsi les expulsions ;
  2. l’expulsion des lieux de vie, rarement accompagnée de solutions pour les habitant-e-s, généralement accompagnée d’une répression sur le droit au séjour et d’une négation des droits fondamentaux des occupant-e-s 2.

Ce mode opératoire a un coût supporté par la collectivité et n’est d’aucune efficacité car, « [e]n précarisant leurs habitants, les expulsions contribuent […] à pérenniser l’existence des squats et bidonvilles, contre laquelle elles prétendent pourtant lutter. » Comment les pouvoirs publics peuvent-ils feindre d’ignorer un constat établi après plus de 25 ans de politiques coûteuses et inutiles d’expulsion des bidonvilles 3?

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al Hussein, a ainsi dénoncé, le 11 septembre 2015, à Genève, l’existence d’« une politique nationale systématique d’expulsion de force des Roms » en France.

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Le bidonville de Bouchayer-Viallet ou l’incompétence de la Ville de Grenoble

Depuis juin 2016 environ, une dizaine de ménages se sont installés sur une parcelle de terrain inoccupée, derrière la Belle Électrique. Il s’agit d’un terrain de la ZAC Bouchayer-Viallet appartenant à la SEM Innovia, dont la Ville est actionnaire majoritaire. Elle a mené un procès contre les occupant-e-s et obtenu le 22 décembre 2016 un arrêté d’expulsion sans délai. Aucun permis de construire n’a pour l’heure été déposé, et il n’y a eu ni vente, ni même de contractualisation avec un acheteur.

A la demande des habitant-e-s et de leurs soutiens, une rencontre en présence de la SEM-INNOVIA, de la Ville et du CCAS a eu lieu le 9 février 2017. Des engagements avaient alors été pris :

  1. Pas d’expulsion avant la fin de l’année scolaire.
  2. Un deuxième rendez-vous devait avoir lieu deux mois après (fin mars) avec la SEM-INNOVIA, la Ville et le CCAS.
  3. La semaine suivante, le CCAS et M. Denoyelle lui-même devaient se rendre sur le bidonville afin qu’une intervention sociale se mette en place pour travailler sur le relogement des familles.

Résultat, quatre mois après : du gâchis, du gâchis, du gâchis…

Et beaucoup d’incompétence.

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Bidonville Valmy : bonne nouvelle !

Ce jeudi 27 avril, le tribunal administratif de Grenoble a débouté le maire de Grenoble de sa demande d’évacuer le bidonville Valmy

C’est effectivement une victoire, à laquelle la mobilisation – notamment de l’assemblée des mal logé.e.s – et la ténacité de l’avocat, Me Alban Costa, ne sont pas étrangères.
Le maire de Grenoble, pour sa part, n’avait pas daigné recevoir une délégation de nombreuses associations venues évoquer d’autres solutions qu’une évacuation sèche du bidonville, conformément à ses promesses électorales. En guise de concertation, Eric Piolle leur a envoyé … un cordon de policiers.

Pour l’heure, le jugement évitera aux occupant.e.s du parc Valmy de se retrouver dans une situation encore plus précaire qu’actuellement.
Pour autant, ce rappel au droit ne peut suffire, et il reste aux pouvoirs publics, Préfecture en tête, de proposer une vraie solution d’hébergement comme la loi leur en fait obligation.
Voir ci-dessous un extrait , éloquent, de l’arrêt du juge administratif.

« Considérant […] que les occupants des lieux sont des personnes sans abri qui relèvent du dispositif de veille sociale prévu aux articles L. 345-2 et suivants du code de l’action sociale et des familles ; qu’il n’est pas contesté par la commune de Grenoble qu’à ce titre, leur situation n’a fait l’objet d’aucune évaluation et qu’il ne leur a pas été proposé de solution alternative d’hébergement d’urgence ; que, dès lors, l’évacuation forcée du camp aurait pour conséquence de placer ces personnes, au nombre desquelles figurent de nombreux enfants, dans une situation de précarité encore plus grande, voire de mettre en jeu leur sécurité, en les dispersant dans les rues de la ville ; que, dans ces conditions, la mesure d’expulsion demandée par la commune de Grenoble ne peut être regardée comme présentant à ce jour les caractères d’urgence et d’utilité requises par l’article L. 521-3 du code de justice administrative ; qu’en conséquence, la demande doit être rejetée .« 

Face à l’abandon scandaleux des occupant.e.s de Valmy par les pouvoirs publics et même au risque de recours, la mobilisation doit continuer !

Lire la lettre ouverte au maire de Grenoble adressée par des associations.

Voir l’article du Dauphiné Libéré.

Un toit pour les habitants du bidonville Bouchayet-Viallet !

Quelques idées pour aider la mairie de Grenoble à sortir de sa léthargie


Lettre ouverte à la Ville de Grenoble et aux élu-e-s

                       Grenoble, le 4 avril 2017

A l’attention : De M. Piolle, Maire de Grenoble
De M. Denoyelle, Élu à l’action sociale de la Ville de Grenoble
De Mme Tavel, Élue de la Ville de Grenoble et Présidente de la SEM Innovia
De M. Carroz, Élu de la Ville de Grenoble à l’égalité des droits
De Mme Yassia, Élue du secteur 1
Des élu-e-s de la majorité et ex-majorité de la Ville de Grenoble
Des élu-e-s membres du conseil d’administration de la SEM Innovia

Madame, Monsieur,

Le jugement du 22 décembre 2016 a donné à la SEM Innovia la possibilité d’expulser sans délai les occupant-e-s du bidonville situé sur le terrain de la ZAC Bouchayer-Viallet, dont elle est propriétaire. Raison pour laquelle, dès le début du mois de janvier, les habitant-e-s du terrain, avec le soutien du collectif Patate Chaude, interpellaient le Défenseur des Droits et sollicitaient un rendez-vous avec les élu-e-s de la Ville, actionnaire majoritaire de la SEM Innovia.

Ce rendez-vous a pu avoir lieu un mois après, le 9 février, dans les locaux de la Société d’aménagement Innovia (ce changement de lieu ayant été annoncé le matin-même, le rendez-vous étant initialement prévu à l’Hôtel de Ville). La SEM Innovia et la Ville étaient représentées par Alain Denoyelle, élu à l’action sociale de la Ville de Grenoble, Maud Tavel, présidente de la SEM Innovia et élue à la Ville de Grenoble, Barthélémy Barcik, membre du cabinet du maire de Grenoble et Pierre Kermen, directeur de la SEM Innovia. Les habitant-e-s du terrain étaient représenté-e-s par les membres de 4 familles différentes et avaient le soutien de 4 membres de la Patate Chaude et d’une traductrice bénévole.

Lors de cette réunion, M. Denoyelle s’est engagé à proposer une nouvelle date de réunion fin mars avec les habitant-e-s et leurs soutiens pour faire le point sur les actions qu’allaient engager la Ville via son CCAS. Nous l’avons donc re-sollicité ce 23 mars pour demander une seconde rencontre. Le 28 mars, M. Denoyelle nous répond que « le retour des vacances et l’incendie de la tour du CROUS n’ont pas permis de lancer le travail sur la situation des personnes à Bouchayer-Viallet comme [il le pensait] en février », nous dit que cela va être fait « prochainement » et nous propose une rencontre pour fin avril.

Nous déplorons qu’à ce jour les engagements pris « main sur le cœur » lors de la première rencontre confortent les constats faits sur le terrain : un mois et demi après la rencontre, rien n’a été fait.

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A Fontaine comme ailleurs, la stigmatisation des roms, la haine raciste, ça suffit ! RDV devant la mairie de Fontaine le 27 mars, 18H30

Lors du Conseil municipal du 27 février 2017 de la ville de Fontaine (agglo de Grenoble) , Franck Sinisi, élu FN de la ville, a  proposé  :
« Pour loger les Roms, je pense qu’il pourrait y avoir un auto-financement. La Métropole devrait leur payer le dentiste afin de récupérer leurs dents en or ».
Récupérer les dents en or, chacun le sait, c’est ce que faisaient les nazis dans les camps de concentration , sur les morts comme sur les vivants…

C’est seulement plus de 15 jours plus tard, par un article de la presse locale, que l’information a commencé à être connue,  la municipalité (dirigée par le PCF)  n’ayant pas communiqué de déclaration ferme. (*)
Il est regrettable que jusqu’à présent, les  réactions n’aient pas été à la hauteur de la gravité de ces propos, prononcés dans une instance officielle.
Le maire a adressé un courrier à cet élu lepéniste, pour lui demander de « s’excuser »pour ses « propos injurieux », à l’occasion du prochain Conseil municipal du 27 mars.
En  fait, plutôt que des demandes d’excuses, ce sont des poursuites judiciaires qui doivent être engagées, pour des déclarations qui ne sont pas de simples injures mais une provocation à la haine raciale ainsi qu’une apologie de crimes contre l’humanité, une apologie des crimes nazis en l’occurrence. Nous souhaitons que la Mairie de Fontaine ainsi que les associations antiracistes agissent en ce sens, et déposent plainte.

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