ÉTÉ COMME HIVER, UN TOIT C’EST UN DROIT !

requisitionLe scandale des personnes à la rue

La situation des personnes et des familles à la rue s’est aggravée cet hiver. Dans l’Isère, les associations humanitaires estimaient en début d’hiver un besoin de 4000 places d’hébergement (personnes à la rue ou en squats très précaires) dont plus de 2 000 dans la seule agglomération grenobloise, sans même comptabiliser les personnes mal logées.

La carence de l’Etat …

Face à cela, comme tous les ans, la Préfecture, qui a la responsabilité de mettre à l’abri les personnes en détresse quelle que soit la saison, a mis en place un « dispositif hivernal » ne comportant que 320 places financées. Seules 250 ont été réellement ouvertes faute, déclare-t-elle, de trouver suffisamment de lieux d’hébergement. Parallèlement, une centaine de places ouvertes les années passées ne l’ont pas été cette année, pour des raisons contestables.

Un deuxième dispositif, le « plan grand froid », complète le premier. Il consiste à mettre à l’abri les personnes à la rue sans conditions ni limites de places. En Isère, une centaine de personnes seulement , dont près de 40 enfants, ont été hébergées dans des gymnases équipés de lits de camp. Malgré les directives de la Ministre du Logement, la Préfecture n’applique toujours ce dispositif qu’en cas de températures très négatives, avec remise à la rue dès que ces températures repassent en positif. Dans le meilleur des cas, certaines familles ont bénéficié de quelques semaines d’hôtel lors de la fermeture des gymnases. Cette gestion de l’hébergement « au thermomètre » est cynique (donc loin d’apporter une réponse à la hauteur de la situation) et doit être totalement repensée.

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La demande du préfet rejetée !

Le préfet de l’Isère avait demandé au tribunal administratif d’ordonner l’expulsion immédiate des occupant-e-s de l’ancien centre d’hébergement situé à Grenoble, au 11 Avenue Paul Verlaine.
 Centre de la rue Verlaine
Le juge a estimé que :
– l’occupation des locaux n’empêche pas l’accomplissement de missions de service public ni la réalisation d’un quelconque projet public,
– il n’était pas prouvé que les locaux étaient plus insalubres à présent que lorsqu’il s’agissait d’un centre d’hébergement géré par l’Arépi à la demande de la préfecture,
– l’occupation du bâtiment ne provoque pas un trouble à l’ordre public auquel le préfet ne pourrait faire face,
– si l’occupation entraîne des nuisances pour le voisinage, ceci n’est pas dû à son caractère illégal, mais c’était déjà le cas lorsqu’il s’agissait d’un centre d’hébergement mis en place par la préfecture,
– la situation irrégulière sur le territoire des habitant-e-s évoquée par la préfecture n’a pas d’influence sur l’appréciation de leur occupation d’un bien public.
En conséquence de quoi il a rejeté la demande de la préfecture.
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Voir le jugement complet sur le site du tribunal administratif.
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Le site d’information grenoblois Place Gre’net a publié un article sur le sujet avec des interviews vidéo ainsi que notre réaction, que voici :
Nous nous félicitons de cette décision du tribunal administratif, même si l’occupation de ce bâtiment n’est pas une fin en soi pour les personnes qui l’habitent. Nous attendons à présent que l’État, le Conseil général, la Métro et les communes mettent en place des structures d’hébergement conséquentes qui évitent que ce type de situation ne se reproduise sans cesse, et que la préfecture permette aux personnes concernées d’accéder, comme elles le souhaitent, au droit commun et à un logement digne de ce nom.

Rassemblement jeudi 24 juillet

APPEL A RASSEMBLEMENT

pour le procès opposant la préfecture aux habitant-e-s de Verlaine ce jeudi 24 juillet à 13h30 au tribunal administratif

Depuis le mois de mars, nous sommes mobilisé-e-s contre la fermeture des dispositifs d’hébergement d’urgence (voir ici et notamment) contre les expulsions locatives et de squats et contre les remises à la rue, dans une agglomération où plus de 2000 personnes sont sans solution pérenne d’hébergement. Ces dernières semaines, c’est autour du site de Verlaine que la lutte s’est focalisée.

Banderole logements décents et adaptés préf

Ce jeudi 10 juillet, en faisant couper l’eau et l’électricité et en mettant fin à la convention passée avec l’AREPI pour gérer le lieu, la préfecture a bafoué son obligation légale d’assurer la continuité de l’hébergement d’urgence et a placé la soixantaine de personnes, alors encore hébergées, en situation d’occupation illégale.

La préfecture a ensuite lancé une procédure d’expulsion envers tou-te-s les habitant-e-s de Verlaine et l’audience aura lieu ce jeudi 24 juillet à 14h au tribunal administratif de Grenoble.

Nous comptons sur vous pour relayer l’information et être présent-e-s auprès des habitant-e-s

RENDEZ VOUS CE JEUDI 24 JUILLET

à partir de 13h30

AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

2 place Verdun, à Grenoble

Le collectif hébergement-logement a également envoyé une lettre aux élu-e-s et partis de l’agglomération