Le harcèlement des migrants à Grenoble (suite)

L’abjection

Ça se passe en France, plus précisément à Grenoble et à Saint-Martin d’Hères. La police nationale a harcelé plusieurs jours durant des familles fraîchement arrivées de Serbie et de Macédoine, dans le plus grand dénuement. Elle les a poursuivies partout, presque mètre par mètre, les empêchant de se poser quelque part. Il y avait des enfants, des femmes enceintes. Devant les protestations des militants, la réponse était invariablement : « Ce n’est pas notre problème, on a des ordres ».

A Grenoble, sur ordre de la mairie, la police les a expulsés brutalement de l’endroit où les familles s’étaient réfugiées. Ces familles, accompagnées de miltant.e.s, ont alors rencontré plusieurs responsables de l’équipe municipale – Madame Barnola et Monsieur Ben Habou du cabinet du maire, et Monsieur Angotti, directeur du CCAS – pour demander que cessent le harcèlement et les violences policières, afin que les familles puissent organiser leur survie, ce qui passe au minimum par un hébergement. Refus catégorique.

Ce n’est qu’au campus universitaire, après l’intervention du réseau RUSF, que leur course a pris fin et que des personnes bienveillantes leur ont donné des tentes et un peu de réconfort.

Quant aux collectivités locales et leurs services sociaux, elles n’ont pas bougé. Le Conseil départemental en particulier, pourtant chargé de la protection de l’enfance en danger, a une fois de plus brillé par son absence. Son «service dédié» s’est contenté de prendre un rendez-vous une semaine plus tard, car «les responsables étaient en vacances».

Plus fort encore, le CCAS de Saint-Martin d’Hères a envoyé un message aux collectifs militants pour qu’ils assurent une prise en charge.

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ÉTÉ COMME HIVER, UN TOIT C’EST UN DROIT !

requisitionLe scandale des personnes à la rue

La situation des personnes et des familles à la rue s’est aggravée cet hiver. Dans l’Isère, les associations humanitaires estimaient en début d’hiver un besoin de 4000 places d’hébergement (personnes à la rue ou en squats très précaires) dont plus de 2 000 dans la seule agglomération grenobloise, sans même comptabiliser les personnes mal logées.

La carence de l’Etat …

Face à cela, comme tous les ans, la Préfecture, qui a la responsabilité de mettre à l’abri les personnes en détresse quelle que soit la saison, a mis en place un « dispositif hivernal » ne comportant que 320 places financées. Seules 250 ont été réellement ouvertes faute, déclare-t-elle, de trouver suffisamment de lieux d’hébergement. Parallèlement, une centaine de places ouvertes les années passées ne l’ont pas été cette année, pour des raisons contestables.

Un deuxième dispositif, le « plan grand froid », complète le premier. Il consiste à mettre à l’abri les personnes à la rue sans conditions ni limites de places. En Isère, une centaine de personnes seulement , dont près de 40 enfants, ont été hébergées dans des gymnases équipés de lits de camp. Malgré les directives de la Ministre du Logement, la Préfecture n’applique toujours ce dispositif qu’en cas de températures très négatives, avec remise à la rue dès que ces températures repassent en positif. Dans le meilleur des cas, certaines familles ont bénéficié de quelques semaines d’hôtel lors de la fermeture des gymnases. Cette gestion de l’hébergement « au thermomètre » est cynique (donc loin d’apporter une réponse à la hauteur de la situation) et doit être totalement repensée.

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Fermeture des centres d’hébergement hivernaux

Cette année comme chaque année, l’État s’apprête à fermer fin mars les centres d’hébergement ouverts pour l’hiver. Pour autant, toutes les personnes hébergées n’ont pas de solutions, et un grand nombre d’entre elles risque de se retrouver à la rue. Non seulement il est odieux de mettre des personnes dehors, mais c’est aussi parfaitement illégal.Banderole pas une personne sans toit décent

Voici donc deux courriers :

L’un, destiné aux directions et aux personnels des centres d’hébergement, fait le point sur la loi et sur leurs missions.

L’autre s’adresse aux personnes hébergées pour leur faire connaître leurs droits. Ce dernier a également été traduit en allemand, anglais, arabe, espagnol, roumain, russe, serbe, italien et albanais afin de s’assurer que le plus grand nombre possible de personnes hébergées puissent bien le comprendre.

N’hésitez pas à diffuser ces documents et ces informations.

Courrier aux directions

Courrier aux hébergés – français

Courrier aux hébergés – anglais

Courrier aux hébergés – roumain

Courrier aux hébergés – serbe

Courrier aux hébergés – arabe

Courrier aux hébergés – espagnol

Courrier aux hébergés – russe

Courrier aux hébergés – allemand

Courrier aux hébergés – italien

Courrier aux hébergés – albanais

Rassemblement jeudi 24 juillet

APPEL A RASSEMBLEMENT

pour le procès opposant la préfecture aux habitant-e-s de Verlaine ce jeudi 24 juillet à 13h30 au tribunal administratif

Depuis le mois de mars, nous sommes mobilisé-e-s contre la fermeture des dispositifs d’hébergement d’urgence (voir ici et notamment) contre les expulsions locatives et de squats et contre les remises à la rue, dans une agglomération où plus de 2000 personnes sont sans solution pérenne d’hébergement. Ces dernières semaines, c’est autour du site de Verlaine que la lutte s’est focalisée.

Banderole logements décents et adaptés préf

Ce jeudi 10 juillet, en faisant couper l’eau et l’électricité et en mettant fin à la convention passée avec l’AREPI pour gérer le lieu, la préfecture a bafoué son obligation légale d’assurer la continuité de l’hébergement d’urgence et a placé la soixantaine de personnes, alors encore hébergées, en situation d’occupation illégale.

La préfecture a ensuite lancé une procédure d’expulsion envers tou-te-s les habitant-e-s de Verlaine et l’audience aura lieu ce jeudi 24 juillet à 14h au tribunal administratif de Grenoble.

Nous comptons sur vous pour relayer l’information et être présent-e-s auprès des habitant-e-s

RENDEZ VOUS CE JEUDI 24 JUILLET

à partir de 13h30

AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

2 place Verdun, à Grenoble

Le collectif hébergement-logement a également envoyé une lettre aux élu-e-s et partis de l’agglomération