FR3 Alpes du 22 mai 2012

Dans son interview donnée à France 3 au sujet du camp de Roms de la Tronche, Hervé-Jean Bertrand-Pougnand, le maire de la commune qui avait déjà tenu des propos douteux en novembre dernier, s’enfonce : il parle de « conditions déplorables », de « prolifération de maladies », ainsi que de l’apparition « de différentes races de rats ». Rappelons qu’il est en grande partie responsable de l’insalubrité du camp, puisqu’il a toujours refusé que les services de voirie de sa commune y interviennent, alors que plusieurs fois différentes personnes et collectifs l’ont incité à faire intervenir ses services de dératisation… Rien n’y a fait. Encore une fois, le maire de la Tronche s’y entend fort bien quand il s’agit de rendre les Roms coupables de ce qu’ils subissent.

Par ailleurs, les éternelles questions de la délinquance et de la prostitution sont soulevées dans l’interview. Le collectif La Patate Chaude n’est pas là pour évaluer cette délinquance et cette prostitution. Elles existent certainement. Mais nous préférons parler de la discrimination dont sont victimes les Roms et de la misère dans laquelle ils vivent. Car comment demander à des personnes à qui la société ne donne le droit ni aux aides sociales, ni au logement, ni à l’éducation, ni même au travail, de vivre en respectant ses lois ? Les délits qui leurs sont reprochés sont des moyens non reconnus pour avoir des ressources qui leurs sont interdites. Si les Roms avaient des conditions de vie dignes et humaines, ils ne commettraient pas davantage de délits que d’autres catégories de population. Et peut-être même moins que les classes aisées, auxquelles appartient M. Hervé-Jean Bertrand-Pougnand, et qui se rendent régulièrement coupables d’abus sociaux, de détournements de fonds et autres délits d’initiés, quand elles ne profitent pas simplement de leur statut social pour s’enrichir, en toute légalité, au détriment du reste de la population. Prétendre autre chose ne serait ni plus ni moins que du racisme affiché. Nous ne doutons pas que le maire de la Tronche ne se laisserait pas aller à de tels propos… Et parce qu’encore une fois les lois servent les intérêts des plus riches, des plus blancs, de ceux qui écrivent eux-mêmes ces lois… Elles servent à maintenir un système social et politique bien rodé !

Encore une fois, la presse aborde ce sujet épineux et sensationnel dans une interview trop brève pour pouvoir y développer une pensée construite, qui va au delà des préjugés et des idées dominantes, tout en prenant au dépourvu les personnes questionnées.