Soirée anniversaire de Roms Action vendredi 18 octobre

10 ans Roms actionLa salle, d’environ 200 places, affichait complet avant 19h. Une trentaine de Roms présents.

La tribune

  • Bernadette Guérin, présidente de Roms action
  • Anita Nagy, sociologue, assistante sociale de Roms action (les 4 autres salariées sont dans la salle)
  • Alain Régnier, préfet missionné par le premier ministre pour la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées (DIHAL)
  • Thomas Ott, anthropologue, qui a suivi en particulier le projet de centre social en Roumanie, à l’initiative du Grand Lyon
  • Olivier Noblecourt, vice-président du CCAS de Grenoble
  • José Arias, vice-président du Conseil général, s’était excusé.

Projection d’un film de 15 minutes, Des Roms dans la ville, tourné par l’association Images solidaires. Des membres de la Patate Chaude avaient organisé une projection de ce film à Moulissimo en juin. Il a été tourné à Grenoble avec des lycéens d’origine rom, qui parlent de la Roumanie, de leur accueil en France, et interviewent des passants sur l’image qu’ils ont des Roms.

Interventions à la tribune, questions/réponses (3 questions sur 6 ou 7 par des patates)

–  B. Guérin rappelle l’histoire de R.A. et fait un bref exposé sur la situation des Roms, assez critique vis-à-vis du gouvernement.

–  A. Régnier précise le contenu de sa mission : pas seulement l’évaluation de la situation de l’hébergement (en particulier l’application ou la non-application de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 sur l’accompagnement social lors de l’évacuation des bidonvilles), mais aussi chargé d’élaborer des propositions. Il est correspondant de la France pour l’Union européenne concernant ces questions.
Selon lui, 8 millions de personnes sont sous le seuil de pauvreté en France, dont 250 000 à la rue parmi lesquels 17 000 Roms. L’État aurait débloqué 100 millions d’euros pour l’hébergement, dont 4 millions pour l’Isère, mais 1,2 milliards d’euros seraient nécessaires pour faire face aux besoins actuels d’hébergement, et en finir avec la logique du dispositif hivernal.
Il informe que la loi prévoit des obligations pour les maires qui ont des camps sur leur commune : non seulement l’accès des enfants à la scolarisation, mais aussi l’eau, l’électricité et le ramassage des ordures ménagères.
Sur l’éventuelle prolongation, au-delà du 1er janvier, des mesures transitoires discriminant les Roumains et les Bulgares dans leur accès au travail en Europe (dérogations prévues par la directive 2004.38), A. Régnier affirme que cela n’est pas envisageable, mais qu’il restera les questions d’accompagnement vers l’emploi.
Concernant la non-utilisation des crédits européens destinés à l’insertion économique des Roms, et donc l’absence de politique, des mesures de rétorsion menaceraient notamment la Roumanie qui n’utilise que 6% de ses crédits, et n’a pratiquement aucun projet. En France aussi, des projets sont finançables via le Fonds social européen et le Fonds de développement régional. Les Régions seront désormais chargées de coordonner une partie des crédits européens destinés à la « cohésion sociale ».
Au cours de son intervention, et suite à une interpellation de membres de la Patate Chaude, A. Régnier a implicitement pris ses distances avec le discours et les pratiques de Valls (par exemple l’utilisation généralisée des OQTF ciblées sur certaines populations) mais, dit-il, « dans les limites de l’expression d’un fonctionnaire ».
Il s’est étonné que la question des 17 000 Roms sur un territoire de 60 millions d’habitants, reste à la une des médias et de la classe politique depuis des semaines. Il s’inquiète de voir cette question devenir le premier enjeu des prochaines élections.

–  O. Noblecourt a fait une rapide intervention. Il estime que le CCAS de Grenoble fait ce qu’il peut, mais  il est conscient des énormes « insuffisances » sur le terrain concernant l’hébergement et le suivi social. En la matière, l’Etat brille par sa carence, malgré une maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (170 000 euros) et le co-financement d’un « dispositif d’insertion ». Ce dernier concerne l’hébergement de 9 familles en habitat diffus, bientôt 20, et leur accompagnement social. Ce dispositif reste expérimental et s’adresse prioritairement aux familles jugées les plus intégrables, toutes les autres restant à l’écart (remarque de Patate chaude). L’idée de « villages d’insertion » gardiennés – mise en œuvre dans plusieurs villes françaises – a  finalement été abandonnée

–  T. Ott et A. Nagy ont démonté, chacun.e à sa façon, les clichés concernant les Roms : sales, pas intégrables, délinquants, tous nomades,…
A. Nagy a présenté un power point sur le paradoxe des 17 000 Roms à la fois hyper visibles, et en fait invisibles dans leur situation réelle.

Beaucoup de monde donc, avec à la fois des personnes concernées, des travailleurs sociaux, mais aussi des personnes ne connaissant pas forcément bien le sujet. Pas de véritable temps de débat, avec seulement six questions posées, et l’impression globale d’une tribune très consensuelle sur un thème pourtant très polémique avec un contexte souvent tragique.

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