Lettre ouverte au Président de la République

Patate chaudeMonsieur le Président de la République,

Ça se passe en France, plus précisément à Grenoble et Saint-Martin d’Hères (Isère).
Depuis près d’un mois, la police nationale harcèle des familles demandeuses d’asile arrivées, dans un dénuement total, de Serbie, Albanie, Macédoine,… Elle les poursuit partout, mètre par mètre, les empêchant de se poser où que ce soit, fût-ce dans un endroit isolé.
Il y a parmi elles des enfants, des femmes enceintes, des personnes malades à qui l’Etat n’a proposé aucune solution d’hébergement malgré l’obligation légale et en dépit de vos récentes déclarations.
Quant au 115, il affiche complet.
Ces derniers jours, un nouveau degré a été franchi dans la violence et l’arbitraire.
Dès qu’une famille, ne sachant où s’abriter, fait halte sur un terrain pour s’y reposer, elle en est non seulement chassée, mais régulièrement ses objets personnels, fournis par des riverains ou des associations, lui sont « confisqués » : couvertures, réchauds, bouteilles de gaz, vêtements.
Aux personnes scandalisées par ces procédés inacceptables, la police répond invariablement : « Ce n’est pas notre problème, nous avons des instructions précises ».
Ainsi, non seulement les droits de l’Homme sont ainsi quotidiennement bafoués, mais les autorités chargées de les faire respecter couvrent voire ordonnent ces violences à l’encontre de celles et ceux qu’elles devraient protéger.
Nous vous demandons :

  • de donner les instructions nécessaires à la chaîne hiérarchique pour que cessent ces violences et cet arbitraire ;
  • de prendre d’urgence les dispositions pour que dorénavant personne, français ou étrangers, quelque que soit son statut, ne se retrouve à la rue. Enfin, il est urgent de mettre enfin en place une politique d’accueil qui fait cruellement défaut à la France et qui la place objectivement parmi les pays les plus hostiles aux migrants

Veuillez agréer, monsieur le Président, nos meilleures salutations

Le collectif Patate chaude

5 août 2017

Lettre ouverte aux élu-e-s de Grenoble-Alpes Métropole

Grenoble, le 30 juin 2017

A l’attention :   De Christophe FERRARI, Président de Grenoble-Alpes Métropole

De Christine GARNIER, Vice-présidente de la Métro déléguée à l’habitat, au logement et à la politique foncière

De Françoise CLOTEAU, Vice-présidente de la Métro déléguée à l’hébergement

De Marie-José SALAT, Vice-présidente de la Métro déléguée à la lutte contre les discriminations

De l’ensemble des élu-e-s de Grenoble-Alpes Métropole

Lettre ouverte à la Métro_juin 2017

Mesdames, Messieurs,

« Cela fait maintenant plus de 25 ans que des hommes, des femmes et des enfants originaires d’Europe de l’Est, Roms pour la plupart, vivent aux marges de la société française dans des squats ou des bidonvilles1 »

1 – Une politique nationale systématique d’expulsions forcées, coûteuse et inutile depuis…25 ans !

Bien que cette situation scandaleuse de mal-logement ne soit pas nouvelle, la réponse des propriétaires (publics comme privés) reste sensiblement la même :

  1. dissuader les personnes de s’installer durablement en les privant des services publics minimums (eau courante, électricité, toilettes, ramassage des ordures), afin de générer l’insalubrité et justifier ainsi les expulsions ;
  2. l’expulsion des lieux de vie, rarement accompagnée de solutions pour les habitant-e-s, généralement accompagnée d’une répression sur le droit au séjour et d’une négation des droits fondamentaux des occupant-e-s 2.

Ce mode opératoire a un coût supporté par la collectivité et n’est d’aucune efficacité car, « [e]n précarisant leurs habitants, les expulsions contribuent […] à pérenniser l’existence des squats et bidonvilles, contre laquelle elles prétendent pourtant lutter. » Comment les pouvoirs publics peuvent-ils feindre d’ignorer un constat établi après plus de 25 ans de politiques coûteuses et inutiles d’expulsion des bidonvilles 3?

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al Hussein, a ainsi dénoncé, le 11 septembre 2015, à Genève, l’existence d’« une politique nationale systématique d’expulsion de force des Roms » en France.

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Le bidonville de Bouchayer-Viallet ou l’incompétence de la Ville de Grenoble

Depuis juin 2016 environ, une dizaine de ménages se sont installés sur une parcelle de terrain inoccupée, derrière la Belle Électrique. Il s’agit d’un terrain de la ZAC Bouchayer-Viallet appartenant à la SEM Innovia, dont la Ville est actionnaire majoritaire. Elle a mené un procès contre les occupant-e-s et obtenu le 22 décembre 2016 un arrêté d’expulsion sans délai. Aucun permis de construire n’a pour l’heure été déposé, et il n’y a eu ni vente, ni même de contractualisation avec un acheteur.

A la demande des habitant-e-s et de leurs soutiens, une rencontre en présence de la SEM-INNOVIA, de la Ville et du CCAS a eu lieu le 9 février 2017. Des engagements avaient alors été pris :

  1. Pas d’expulsion avant la fin de l’année scolaire.
  2. Un deuxième rendez-vous devait avoir lieu deux mois après (fin mars) avec la SEM-INNOVIA, la Ville et le CCAS.
  3. La semaine suivante, le CCAS et M. Denoyelle lui-même devaient se rendre sur le bidonville afin qu’une intervention sociale se mette en place pour travailler sur le relogement des familles.

Résultat, quatre mois après : du gâchis, du gâchis, du gâchis…

Et beaucoup d’incompétence.

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Un toit pour les habitants du bidonville Bouchayet-Viallet !

Quelques idées pour aider la mairie de Grenoble à sortir de sa léthargie


Lettre ouverte à la Ville de Grenoble et aux élu-e-s

                       Grenoble, le 4 avril 2017

A l’attention : De M. Piolle, Maire de Grenoble
De M. Denoyelle, Élu à l’action sociale de la Ville de Grenoble
De Mme Tavel, Élue de la Ville de Grenoble et Présidente de la SEM Innovia
De M. Carroz, Élu de la Ville de Grenoble à l’égalité des droits
De Mme Yassia, Élue du secteur 1
Des élu-e-s de la majorité et ex-majorité de la Ville de Grenoble
Des élu-e-s membres du conseil d’administration de la SEM Innovia

Madame, Monsieur,

Le jugement du 22 décembre 2016 a donné à la SEM Innovia la possibilité d’expulser sans délai les occupant-e-s du bidonville situé sur le terrain de la ZAC Bouchayer-Viallet, dont elle est propriétaire. Raison pour laquelle, dès le début du mois de janvier, les habitant-e-s du terrain, avec le soutien du collectif Patate Chaude, interpellaient le Défenseur des Droits et sollicitaient un rendez-vous avec les élu-e-s de la Ville, actionnaire majoritaire de la SEM Innovia.

Ce rendez-vous a pu avoir lieu un mois après, le 9 février, dans les locaux de la Société d’aménagement Innovia (ce changement de lieu ayant été annoncé le matin-même, le rendez-vous étant initialement prévu à l’Hôtel de Ville). La SEM Innovia et la Ville étaient représentées par Alain Denoyelle, élu à l’action sociale de la Ville de Grenoble, Maud Tavel, présidente de la SEM Innovia et élue à la Ville de Grenoble, Barthélémy Barcik, membre du cabinet du maire de Grenoble et Pierre Kermen, directeur de la SEM Innovia. Les habitant-e-s du terrain étaient représenté-e-s par les membres de 4 familles différentes et avaient le soutien de 4 membres de la Patate Chaude et d’une traductrice bénévole.

Lors de cette réunion, M. Denoyelle s’est engagé à proposer une nouvelle date de réunion fin mars avec les habitant-e-s et leurs soutiens pour faire le point sur les actions qu’allaient engager la Ville via son CCAS. Nous l’avons donc re-sollicité ce 23 mars pour demander une seconde rencontre. Le 28 mars, M. Denoyelle nous répond que « le retour des vacances et l’incendie de la tour du CROUS n’ont pas permis de lancer le travail sur la situation des personnes à Bouchayer-Viallet comme [il le pensait] en février », nous dit que cela va être fait « prochainement » et nous propose une rencontre pour fin avril.

Nous déplorons qu’à ce jour les engagements pris « main sur le cœur » lors de la première rencontre confortent les constats faits sur le terrain : un mois et demi après la rencontre, rien n’a été fait.

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Face à l’indignité, appel à l’action fraternelle: le 18 Février à 15h au parc VALMY

EsmoninCOMMUNIQUÉ DE PRESSE 

ASSEMBLÉE DES LOCATAIRES, MAL LOGÉ-ES, SANS LOGEMENT

assembleelogement@riseup.net

6 rue JAY 38000 Grenoble

LE 17 FÉVRIER 2017

Demandeurs et demandeuses d’asile, locataires, mal logé-e-s et sans logements, rassemblons-nous!

En Isère, au mois d’octobre 2016, c’est environ 4000 personnes qui étaient à la rue ou en habitats très précaires. En janvier c’est seulement 275 places d’hébergement hivernal qui étaient ouvertes, la préfecture déclare pour se dédouaner de ce nombre trop faible avoir à faire à des mairies pas toujours favorables. Lorsque les températures sont descendues en dessous de -11° c’est seulement 205 places en gymnase qui s’y sont ajoutées. De fait, aujourd’hui de plus en plus de personnes sont à la rue que se soient des hommes, des femmes, des personnes âgées ou malades ou des enfants. Pourtant à Grenoble ont compte plus de 10000 logements vacants.

Comme si les personnes sans logement n’étaient pas assez stigmatisées, les pressions continuent : la police municipale harcèle chaque jour des personnes à la rue, de nombreuses tentes ont été détruites cet hiver. Mais dans quel recoin de Grenoble la mairie conseille-t-elle de s’installer ?

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Fermeture des centres d’hébergement hivernaux

Cette année comme chaque année, l’État s’apprête à fermer fin mars les centres d’hébergement ouverts pour l’hiver. Pour autant, toutes les personnes hébergées n’ont pas de solutions, et un grand nombre d’entre elles risque de se retrouver à la rue. Non seulement il est odieux de mettre des personnes dehors, mais c’est aussi parfaitement illégal.Banderole pas une personne sans toit décent

Voici donc deux courriers :

L’un, destiné aux directions et aux personnels des centres d’hébergement, fait le point sur la loi et sur leurs missions.

L’autre s’adresse aux personnes hébergées pour leur faire connaître leurs droits. Ce dernier a également été traduit en allemand, anglais, arabe, espagnol, roumain, russe, serbe, italien et albanais afin de s’assurer que le plus grand nombre possible de personnes hébergées puissent bien le comprendre.

N’hésitez pas à diffuser ces documents et ces informations.

Courrier aux directions

Courrier aux hébergés – français

Courrier aux hébergés – anglais

Courrier aux hébergés – roumain

Courrier aux hébergés – serbe

Courrier aux hébergés – arabe

Courrier aux hébergés – espagnol

Courrier aux hébergés – russe

Courrier aux hébergés – allemand

Courrier aux hébergés – italien

Courrier aux hébergés – albanais

Lettre aux membres du conseil d’administration de l’Arépi

L’hiver passé, le collectif d’habitants des Granges et d’Échirolles, constatant les conditions désastreuses dans lesquelles l’Arépi hébergeait des familles qu’il connaissait, avait envoyé une lettre au conseil d’administration de l’association, demandant à rencontrer les administrateurs. Seul le président, M. Balestas, leur a répondu par courrier, éludant la plupart de leurs questions et ne proposant pas d’entrevue.
Suite à notre lettre ouverte sur l’hébergement hivernal, le collectif des Granges et d’Échirolles a relancé le CA de l’Arépi, cette fois-ci sans obtenir de réponse du tout. Il a donc décidé, conjointement à la CISEM (coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants), dont fait partie la Patate Chaude, de faire cette fois-ci une lettre ouverte commune aux administrateurs de l’association (ci-dessous), demandant à nouveau une entrevue. Pour s’assurer qu’elle arrive à bon port, une délégation est allée la leur remettre en mains propres lors d’une de leurs réunions : mardi 17 décembre, 2 membres du collectif échirollois et 6 membres de la CISEM se sont invités au conseil d’administration de l’Arépi, où siégeaient le président, les deux directeurs, un délégué syndical et 3 administrateurs (sur une douzaine…) Ils ont expliqué les raisons de leur venue, distribué les deux lettres ouvertes (celle sur l’hébergement hivernal de la Patate Chaude et celle adressée aux membres du CA) et demandé une réunion spéciale, en leur présence, sur ce thème.
BalestasLe président a daigné les écouter, en prenant toutefois un air importuné et en accueillant leurs propos avec mépris. Un administrateur a lu la lettre sur l’hébergement de la Patate Chaude. Un autre est parti, visiblement furieux. Balestas a dit en substance qu’il ne parlerait pas à la Patate chaude. Quand il apprit qu’il s’agissait d’une délégation de la CISEM, qui comprend une quinzaine d’organisations, il a répondu, comme le Préfet, qu’il ne comprenait pas que celle-ci travaille avec la Patate chaude. Bien sûr, il s’agit de manœuvres de division pour essayer de mettre les détracteurs à l’index et évacuer les problèmes sans les examiner, en qualifiant d’irresponsables ceux qui les soulèvent.
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Lettre ouverte au président et au conseil d’administration de l’AREPI

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Vous connaissez le collectif des habitants des Granges et d’Échirolles, qui a aidé en octobre 2012 des familles issues de l’ex-Yougoslavie réfugiées sous des tentes, sur les terrains d’Alpexpo. Six mois après, le 15 avril, celui-ci a écrit à Monsieur Balestas, président de l’AREPI, avec copies à tous les administrateurs de l’AREPI, pour lui demander un rendez-vous au sujet des conditions d’hébergement dans les centres gérés par votre association. Sans autre réaction de sa part qu’un courrier du 27 mai qui ne précisait en rien les conditions de suivi des personnes de la part de l’Arepi, et ne proposait pas de réponse pour ce rendez-vous que nous souhaitions.

Aucun des administrateurs ne s’est manifesté à cette occasion.

Devant cette absence de réaction, et suite à des évènements graves qui se sont produits au centre Paul Verlaine, à côté de chez lui, le collectif échirollois s’est permis de vous envoyer dès le 30 octobre moult mails et messages téléphoniques, afin de pouvoir échanger en toute franchise et sans à priori sur cette situation très préoccupante au sujet des personnes.

Enfin, Le collectif La Patate chaude, qui est en lien avec celui des habitants des Granges et d’Échirolles, vous a également envoyé, en copie, une lettre ouverte faisant le point sur l’hébergement hivernal, où étaient pointées un certain nombre d’atteintes à la dignité des familles hébergées, et aux droits de l’Homme. Si de nombreuses réactions favorables s’en sont suivies, de la part de différentes associations, là encore aucune n’émanait de la vôtre.

Aujourd’hui, et à son tour, la Coordination iséroise de soutien aux étrangers migrants (CISEM), qui réunit une quinzaine d’associations et collectifs, s’insurge contre cette absence de réaction, car elle équivaut à cautionner des pratiques inacceptables.

Nous avons rencontré récemment Monsieur le Préfet à ce sujet et, même si nous avons constaté depuis des améliorations sur certains aspects touchant à la salubrité et à la sécurité, celles-ci restent très insuffisantes. Nous continuons donc à nous élever contre un certain nombre de comportements et, entre autres, les obstacles que la direction de l’AREPI oppose au droit de visite des personnes hébergées.

Votre association est mandatée par l’État pour héberger des migrants. Cette délégation ne vous exonère en rien de votre responsabilité quant au respect de leurs droits. Bien au contraire, elle oblige le Conseil d’administration et les membres de la direction.

C’est pour discuter avec vous de tous ces aspects que nous vous demandons, cette fois par une lettre ouverte, à rencontrer votre conseil d’administration.

Espérant, cette fois-ci, une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer nos meilleures salutations,

La CISEM, Le collectif des habitants des Granges et d’Échirolles

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Nous avons appris que Me Balestas (photo ci-dessus) vient d’être remplacé dans ses fonctions de bâtonnier au barreau de Grenoble. Nous espérons qu’il mettra à profit son temps disponible pour s’occuper de l’association qu’il préside, l’Arépi, et qui héberge les migrants dans des conditions indignes. S’il lui reste, après cela, encore un peu de temps, peut-être pourra-t-il aussi répondre aux demandes de rendez-vous que les associations et collectifs ne cessent de lui adresser à ce sujet.