J+5 au Foyer des Mimosas : Quand l’État détruit les bases de l’action sociale

Ce jeudi 10 juillet au matin, de nombreuses personnes et associations étaient encore là dès 6h pour soutenir les hébergé-e-s face à la préfecture et à l’AREPI. Encore une fois, des rumeurs circulaient sur une possibilité d’intervention policière dans la matinée. Encore une fois, les rumeurs ne se sont pas confirmées.

Rassemblement Verlaine 4-7-2014Mais en début d’après-midi, des techniciens de la Régie des Eaux et de GEG sont arrivés pour couper les fluides, accompagnés d’un capitaine de gendarmerie, de 3 camions de policiers, de plusieurs agents de la BAC (Brigade Anti Criminalité) et du directeur de cabinet de la préfecture, M. RIBEIRO. En cas de résistance, la police interviendrait. Nous avons alors lancé un appel aux médias. L’AREPI a ensuite officiellement quitté les lieux avec son matériel, sa direction et ses gardiens. M. RIBEIRO a confirmé qu’un huissier allait être envoyé dans les jours à venir pour constater l’occupation illégale des lieux et qu’une procédure d’expulsion serait lancée.

Nous avons ensuite pu faire notre premier point « à l’intérieur » des Mimosas avec les habitant-e-s, pour se redire les dernières informations, voir comment chacun-e se sentait et discuter de la suite. Les habitant-e-s ont redit leur besoin de personne extérieures qui pourraient maintenir d’une part une entente relative entre eux, et d’autre part gérer l’arrivée potentielle de nouveaux gens à la recherche d’un toit.

Suite à la coupure des fluides, nous avons sollicité la mairie pour les remettre, en finissant par y envoyer une délégation. En fin d’après-midi, MM. PIOLLE, DENOYELLE et ROUSSANT (directeur de cabinet) ainsi que des personnes du CCAS sont arrivés à Verlaine, accompagnés par les médias. L’eau et l’électricité ont été remis, la mairie a fait venir un gardien et changer les barillets.

Déjà, des familles qui se trouvaient sous les tentes d’Allibert (au carrefour près de Grand-Place) arrivaient, dans l’espoir de trouver un toit. Pendant ce temps, à l’intérieur, une réunion se tenait entre habitant-e-s, associations et soutiens, pour envisager la suite.

Actuellement, on peut dire des Mimosas :
- qu’il ne s’agit plus d’un centre d’hébergement : il y a donc bien eu rupture de la continuité de l’hébergement.
- qu’il s’agit juridiquement du « domicile » des personnes puisqu’elles s’y trouvent, pour certaines, depuis 2 ans : la préfecture ne peut donc expulser sans procédure judiciaire.
- qu’il s’agit d’une occupation illégale, puisque la préfecture refuse de mettre le bâtiment à disposition pour de l’hébergement.
- que la mairie a sécurisé « matériellement » et temporairement cette occupation en faisant rouvrir les compteurs, en salariant un gardien et en faisant changer les barillets.

Les médias relaient le geste de la mairie comme le signe officiel de son opposition à l’État sur la question de l’hébergement d’urgence. Mais que voyons-nous, du point de vue des habitant-e-s ? Qu’ils ne sont absolument pas protégé-e-s. Les Mimosas étant un bâtiment public, la préfecture va lancer une procédure en référé au tribunal administratif, qui peut ne prendre que quelques jours. Face aux camions de la police nationale qui viendront alors, et face aux agents de la préfecture qui ne manqueront probablement pas l’occasion de « faire le tri » entre les personnes avec et sans papiers, qui viendra soutenir les habitant-e-s ?

La mairie ne peut pas se contenter d’assurer un calme relatif à l’intérieur du bâtiment le temps que la préfecture expulse. Les médias vont probablement parler d’ »occupation illégale » et occulter l’origine de la situation, à savoir : la préfecture et l’Etat piétinent les lois sociales qui protègent les personnes, et les obligent à leur assurer un hébergement.

Au-delà des Mimosas, il s’agit bien d’une attaque de l’État contre le droit à l’hébergement et les lois sociales en général. La lutte est loin d’être finie.

Pas une personne sans logement décent ! Pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère, du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies) et de la CIP38 (Coordination Intermittent.e.s et Précaires en lutte).

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