Lettre ouverte sur l’hébergement hivernal

Dans les jours qui viennent, le dispositif d’hébergement hivernal 2013-2014 va être mis en place en Isère. Or, le dispositif de l’année passée a posé de multiples problèmes. Dans le texte ci-joint, une lettre ouverte adressée à 4 ministres (Valls, Duflot, Touraine et Carlotti), nous dénonçons les conditions d’accueil indignes dans les centres d’hébergement d’urgence ainsi que l’attitude des associations gestionnaires, qui n’ont pas hésité à fouler aux pieds les principes du travail social en méprisant à la fois les personnes hébergées, les militants qui les soutenaient et leurs propres partenaires associatifs.
Mais au-delà, cette lettre analyse et dénonce des politiques publiques qui sont orchestrées au plus haut niveau de l’État et qui œuvrent à l’avènement d’un travail social « discount » et intensifient la chasse aux migrants.

Lettre ouverte novembre 2013Cliquez ici ou sur l’image pour télécharger la lettre ouverte

4 réflexions sur “Lettre ouverte sur l’hébergement hivernal

  1. Madame Patate,
    Votre lettre ouverte aurait mérité de commencer par la fin, au chapitre incriminant l’Etat et ses services décentralisés.
    Je suis éducatrice pour l’AREPI à Saint Hubert, ancien CROUS de l’Isle d’Abeau ( qui d’ailleurs apparait comme projet d’une asso « concurrente » de l’AREPI, sans doute « L’oiseau Bleu », si tel est le cas vérifiez vos sources!). Donc nous sommes bien, nous, AREPI, installez depuis Avril 2013 à L’Isle d’Abeau et c’est très triste de ne pas avoir eu, encore, votre visite! Chez nous comme chez nos collègues de Grenoble, si si, les visites sont autorisées…
    Oui nous faisons du « discount », réparons les WC avec de la ficelle, falsifions des factures pour acheter quelqus tablettes de beurre, organisons des voyage « low cost » une fois par semaine pour Grenoble pour fouler les couloirs de la préf, tenez hier j’ai donné du miel à une pauvre rom qui réclamait des pastilles pour la gorge mais comme la caisse était vide…
    La file active dans notre structure à L’Isle d’Abeau est de 130 personnes depuis 6 mois. C’est mois tendance mais nous n’accueillons pas que des Roms, il y a aussi des congolais, des nigérians, des français oui! des français qui rencontrent de légères difficultés passagères depuis quelques dizaines d’années…
    Votre lettre ouverte dégouline de charité; parlez vous de « vos roms »? et surtout, surtout, SVP Madame Patate, laissez à César ce qui revient à César, laissez le travail social à L’AREPI, entre autre. De quelle déontologie parlez vous quand vous évoquez le principe de continuité, l’hérésie la plus énorme qu’un gouvernement ait pu trouver. Que connaissez vous des effets de l’URGENCE, que connaissez vous des problématiques d’un polytoxicomane et de celles d’un demandeur d’asile débouté? Pis, que connaissez vous de l’impuissance d’un éducateur qui doit les faire exister, côte à côte, parce que le principe est beau…
    Vous évoquez le comportement de l’AREPI face aux partenaires. Là encore, de quoi parlez vous? Savez vous seulement que nous, 4 éducatrices, nous nous improvisons AS, INTERPRETES, CURATRICES et j’en passe depuis des mois parce que les collectivités locales et territoriales ont pour consignes de ne pas répondre à nos demandes.
    Que connaissez vous de notre travail, nos missions, nos objectifs comme travailleurs sociaux et à l’Isle d’Abeau? Alors oui nous donnons du pain comme vous, nous cherchons aussi des astuces pour qu’ils puissent l’acheter eux même, nous établissons des roulements de ménage, sortons les poubelles, instruisons les demandes d’aides financières, contactons les préféctures et les avocats quotidiennement, nous berçons les BB, nous soignons avec des orties, nous évitons les comas éthylliques,nous cuisinons serbes, croates, algérien, géorgien et kosovare, nous maintenons coûte que coûte nos liens avec les équipe mobile santé précarité et les équipes de liaisons psy des hôpitaux, nous travaillons avec l’ethnopsy, nous changeons des ampoules avec oh!!! parfois quelques semaines de retard parce qu’une ampoule c’est chère. Pourtant nous laissons je crois passer la lumière.
    Nous laissons parfois passer les gendarmes. Nous pleurons, bureau fermé, bureau ouvert, seules, avec tous, nous avons accompagnés 2 familles jusqu’à la montée dans l’avion. Nous accompagnons des hommes et des femmes. Vous prétendez accompagner « les roms ». Merci pour les Autres.
    Rendez vous compte de l’absurdité de votre démarche et de votre colère, de vos mensonges. Vous dénoncez aux financeurs qui n’ont encore rien financés! ( plan grand froid 2012/13) toujours pas payé, imaginez celui qui arrive… les asso qui, certes portent un nom beaucoup moins exotique que le votre, mais qui vivent, au quotidien, la douleur, la vie, l’insalubrité dont vous parlez, le bruit et l’odeur si on vous suit… Les assos qui vont tout verouiller alors est-ce là votre projet?
    Accuiellerez-vous, Madame Patate, « vos 600 roms » isérois dans vos appartements?

    • Madame Ouçacasse,

      Nous partageons bon nombre de vos constats. C’est justement parce que nous trouvons que vos conditions de travail sont inadmissibles, et donc de facto que les conditions dans lesquelles les personnes sont accueillies sont inacceptables, malgré l’énergie que vous et vos collègues, nous en sommes certain-e-s, déployez tous les jours, que nous avons rédigé et publié cette lettre ouverte. Nous vous invitons sincèrement à la relire et vous verrez que nous disons souvent les mêmes choses.
      Quant à certaines de vos vives questions qui visent à savoir qui nous sommes, quelle est notre légitimité, que savons-nous du travail que vous faites et du public que vous accueillez, nous ne souhaitons pas entrer avec vous dans un concours de cicatrices pour savoir qui a la plus longue ou la plus profonde. D’ailleurs il est loin d’être certain que vous gagniez. Au-delà de ce petit combat qui s’avérerait stérile, notre texte, éminemment politique – car c’est de politique qu’il s’agit, de la manière dont une société prend soin des plus fragiles – ne revêt absolument aucune calomnie ou diffamation. Les faits parlent d’eux-mêmes et viennent hélas confirmer nos analyses. Elles sont du reste partagées par de nombreux travailleurs sociaux, qui nous le font savoir depuis longtemps et/ou nous ont apporté leur soutien suite à la parution de la lettre. Certaines associations, au lieu de participer comme elles le devraient à la lutte contre les exclusions, ne font que les aménager, voire les génèrent…
      Quant à votre phrase sur le principe de continuité, que vous qualifiez d’hérésie, elle nous inquiète fortement : trouveriez-vous normal de remettre des gens à la rue sans solution ? A quoi servirait alors l’action sociale ? Nous réitérons, pour notre part, notre attachement à ce principe fondamental de l’hébergement d’urgence.
      Nous sommes accessibles et sommes prêt-e-s à vous rencontrer si vous le souhaitez. Cependant, votre colère ne doit pas se tromper de cible. Vous avez raison d’être en colère, mais comme le dit en substance la citation : ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on fait baisser la fièvre. Or, ici, nous ne sommes que le thermomètre. Ce sont d’autres causes, celles que nous mettons en avant dans la « Lettre ouverte », qui sont à l’origine de votre fièvre.

      Cordialement,
      Le collectif La Patate Chaude

      • A Madame Ouçacasse,

        Nous pensons avoir répondu à votre interpellation et exprimé l’essentiel de ce que nous avions à vous dire. Si c’est en pure perte, nous le regrettons, mais nous n’avons pas d’énergie à dépenser dans une vaine polémique.

        Cordialement,
        Le collectif La Patate Chaude

    • La dernière fois que j’ai entendu quelqu’un me dire « vous avez qu’à les prendre chez vous », c’était lors d’une expulsion et cela sortait de la « bouche » d’un policier. La fois d’avant c’était pendant une manif de solidarité et là encore c’était de la part d’un policier, Gendarme mobile plus précisèment.
      La fois d’avant c’était le leimotiv du chauffeur de la BAC avec son break et ses chiens d’attaque.
      Là c’est une « éducatrice » qui tient ce propos pitoyable.

      JM

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