La réalité vécue d’une « mise à l’abri »

Abri en cours d'installation à minuit le 30 novembre

Abri en cours d'installation à minuit le 30 novembre

La mise à l’abri de la neige et du froid des personnes campant depuis début août dans la camp du Rondeau a été organisée dans l’improvisation totale mardi soir. Il a fallu attendre plus de 3 mois pour qu’enfin  le droit commun soit appliqué en particulier pour les familles avec des enfants qui venaient encore de passer des nuits dehors dans le froid et sous les premières neiges.

Mardi soir malgré les alertes météo, la Préfecture a attendu 18h,  la nuit et la neige drue, pour enfin accepter de remplir sa mission. Les propos du secrétaire d’état mardi sont très loin de la réalité vécue quotidiennement par les travailleurs sociaux et les associations auxquelles nous voulons rendre hommage. Benoist Apparu déclarait : « Tous ceux qui appelleront le 115, qui est le numéro d’urgence, se verront proposer une place ». Loin de ces discours, il faut dénoncer la façon dont l’installation dans un hangar industriel désaffecté depuis des années s’est passée : pas de transport pour déplacer les personnes, pas de nourriture sur place, un chauffage insuffisant mis en route après leur arrivée, la préfecture et des vigiles empêchant la presse et les habitants venus témoigner de leur solidarité d’entrer dans le local…  Aujourd’hui, après une deuxième nuit sans dormir dans ces conditions, les personnes ont été priées de vider les lieux ce matin en leur disant : « on vous dira ce soir si on réouvre ». Ils en ont profité pour aller à leur ex-camp du Rondeau pour récupérer leurs affaires selon la promesse qui leur a été faite par le CCAS de Grenoble. À leur arrivée la-bas, ils se sont heurtés à des policiers ainsi que la presse, et tout est parti à la poubelle… C’est donc une politique délibérée de brutalité qui a été choisie par la préfecture. L’Etat et les collectivités réfléchissent même à les remette à la rue, la température n’étant pas tombée sous les -5°; l’opération n’aurait alors servi qu’à détruire le camp du Rondeau, à le fermer, afin de briser les solidarités et pouvoir commencer un tri humain pour renvoyer le maximum de personnes dans leur pays alors qu’elles ne demandent qu’à travailler ici pour se loger et nourrir leur famille.

Aujourd’hui, l’Etat cherche à utiliser les conditions climatiques pour mener à bien sa chasse aux humains considérés comme indésirables.
Demain, les humains indésirables pourront être l’un de vous : mère isolée à la rue, sans emploi à la rue… Ce qui est expérimenté sur les migrants n’est que le test de mesures qui violent les droits humains élémentaires et dont tout citoyen va pâtir.

Nous continuerons à dénoncer la politique qui fait l’apologie de ces traitements discriminatoires infligés en particulier aux roms sans oublier tous les autres réfugiés chassés de notre pays.

Pendant ce temps d’autres populations roms y compris avec des enfants en bas âge sont oubliées dans des cabanes qui menacent de s’écrouler sous le poids de la neige à Saint Martin-le-Vinoux, Fontaine, Saint Martin d’Hères et La Tronche. Quelle honte pour un pays dit d’accueil, alors que le nombre de logements vides dans l’agglomération de Grenoble a été recensé par l’INSEE à 6000 !

Nous appelons tout citoyen isérois, possédant un logement vide, à le signaler aux associations humanitaires de manière à loger tous les gens à la rue.

Ne restons pas dans l’indifférence… passons tous à l’action !

Le collectif Solidarité roms

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s