16 septembre 2010 : création du collectif

Réunion sur la situation faite aux Roms du 16 septembre 2010

Ordre du jour :

  1. Échanges sur la situation des différents camps
  2. Scolarisation
  3. Alimentation et santé
  4. Hébergement
  5. Actions

Présents : une trentaine de personnes

1- Echanges sur la situation des différents camps.

A SMH les occupants de la Rocade, ont glissé vers le Rondeau. La pression s’exerce pour qu’ils évacuent et laissent la place à 200 caravanes de Gens du Voyage (le 20 Septembre).

De Péri au Rondeau ils ont été expulsés. Certains se cachent. Et vivent dans le stress (pression policière et jets de bouteilles) et sous la pluie. Il y avait 35 enfants sur SMH.

A St Martin le Vinoux  environ 30 adultes. Le propriétaire n’a pas porté plainte.

A La Tronche vers Décathlon 2 familles : 1 de 5 enfants, une autre de 4 enfants. Une mère dit ne pouvoir scolariser sa fille vu les conditions. Un autre petit camp s’est formé dans la forêt des Sablons.

A Grenoble : le camp de Roms à Jean Macé est formé de demandeurs d’asiles du Kosovo. Dans une rencontre précédant cette réunion, Christine Crifo parle de 80 personnes européennes demandeuses d’asile que  l’Etat n’a pas logées.

Le quartier Jean Macé (à côté du CAM) ne supporte plus les sans-papiers qui sont là, alors même que le CAM est surchargé.

Porte de France, le long de la piste cyclable : certains étaient à SMH, d’autres seraient serbes ex demandeurs d’asile, d’autres polonais,

Le camp de Fontaine, vide durant la journée est occupé à midi par des familles (3) qui ne peuvent manger à l’hôtel . Un lien avec la mairie est à l’étude. Certaines familles sont parties en vacances en Roumanie cet été et semblent avoir peu de revenir.

On a peu de renseignements sur le camp de l’Isle d’Amour où l’on compte beaucoup de caravanes de GdV. (j’en parlerais pas, puisque d’est des gens du voyage, et pas des Rom).

A Voiron  : les Rom expulsés d’un habitation qui appartenait à EDF, avaient trouvé refuge dans un ancien hangar de Rossignol. Ils viennent d’en être délogés par la police à nouveau.  Il y a une famille avec 2 enfants, suivie par J-P Janet de Rom-Action et RESF, qui étudie la possibilité de scolariser les enfants.

2-Les problèmes de scolarisation.

A SMH les enfants refusés à l’école ont trouvé à se scolariser à St Martin le Vinoux. Ces refus de scolarisation ont eu lieu après une entrevue entre l’Inspecteur Départemental de l’Education et le maire, à la demande de ce dernier. Administrativement, les enfants n’étant plus domiciliés dans une commune limitrophe, ils ont pu être refusés alors qu’ils étaient scolarisés depuis 2 ans.

A l’école Gabriel Péri après scolarisation d’une journée de deux élèves de famille serbe, accompagnés pourtant par un travailleur social, le directeur leur a demandé de partir. Le syndicat Sud compte interpeler l’IDE par rapport la responsabilité qu’il a sur la poursuite de la scolarité des enfants, et va contacter les autres syndicats d’enseignants sur la nécessité de mettre en cause la discrimination dont ces élèves sont victimes.

Les enfants d’une famille de Voltaire ont été scolarisés sur Jean Macé à Grenoble.

Ceux de Lucie Aubrac ont des problèmes de transports mais le maire de La Tronche refuse de les scolariser. Reste à obtenir la preuve écrite de son refus.

Il y a également des problèmes liés à ceux de la scolarisation : l’hygiène (le rapport à l’eau étant rendu difficile vu les conditions de vie, et le séchage des vêtements, difficiles) et la cantine. Pour cette dernière, le problème de certaines  municipalités (Fontaine) c’est que le tarif  le plus bas des repas est encore trop élevé pour ces familles. Aucune décision municipale publique n’ayant été prise, le financement des repas  reste problématique. SMH et Grenoble : tarif minimum très bas, donc pas de problème.

3-Alimentation et santé.

A-Alimentation .Le CCAS de Grenoble avait commencé à faire distribuer des repas. Puis il a été dit que la banque alimentaire arrêtait de fournir des produits. Les distributions devaient s’arrêter sur l’idée que les Roms, ayant une culture de la débrouillardise, ils pourraient trouver leur nourriture eux-mêmes. Alors que si toutes les associations s’y mettaient il serait possible de leur fournir un repas correct une fois par jour.

Ceux qui sont logés dans un hôtel sont obligés de traverser la ville pour se nourrir. Et ceux qui ne sont pas hébergés n’ont droit à rien de la part des organisations caritatives.

B-Santé : selon un médecin de MdM quand on est en situation de précarité , la santé n’est pas un problème prioritaire. Ceux qui s’en occupent on l’impression de ne servir à rien. La priorité qui subsistait encore pour les fins de grossesse est remise en question. Pour eux, vu les conditions d’existence qu’on leur impose, le problème de santé n’est pas intégré. Les enfants ont pourtant droit à l’assistance médicale : ils peuvent tous être soignés gratuitement (AME). Pour les adultes à trois mois de séjour sur le territoire français, ils  peuvent aussi bénéficier de l’AME : il leur faut une domiciliation. Quand ils vont à l’hôpital ils sont soignés mais ils payent leurs médicaments.

4-L’hébergement.

Un certain nombre d’associations ont écrit au préfet pour lui rappeler les obligations d’hébergement de l’Etat et posent un ultimatum : si d ‘ici une semaine le préfet ne répond pas, il y aura une conférence de presse dénonçant la situation.

La question essentielle est : que veulent les Roms ? La réponse est claire : un hébergement en appartement. Une réponse qui n’est pas de même nature pour les Gens du Voyage qui se déplacent en caravane. Les Roms souhaitent travailler et avoir un logement durable.

Il y a des bâtiments vides qui sont sur la réserve foncière  de la Métro sur d la Rocade Nord. Elle attend l’aval de la mairie de Meylan pour terminer de viabiliser le terrain. Un accord écrit est attendu (la prochaine assemblée de la Métro est le 24 septembre).

Il faudrait faire appliquer la notion de protection des enfants par le C.G Il faudrait également que les AS fassent des demandes de CHRS, et leur travail, sans prendre en compte les origines ethniques ou le soutien d’une famille pour lui donner des droits !

Il manque une égalité de droits (accès à 150 métiers seulement). Les conditions pour rester sur le territoire sont discriminantes et injustes.

5-Actions et revendications.

  • attaquer les traités de Schengen et Dublin s’opposant à la liberté de circulation
  • traduire les droits fondamentaux par une audace politique
  • mettre en avant l’illégalité des  soit disant 600 camps évacués en France-
  • mettre à disposition les appartements vacants (abandonnés) depuis plus de 2 ans dans le parc public (dont Etat et collectivités territoriales sont propriétaires), social (géré par les bailleurs sociaux) et privé. Ils sont réquisitionnables par le préfet et les communes.
  • préparer une conférence de presse et un débat
  • faire une lettre au préfet pour demander la réquisition des logements vacants (abandonnés)
  • consacrer deux pages sur la question dans le prochain numéro de « Métroscope »
  • mettre en avant les illégalités concernant les communes et l’Etat, sur les obligations pour l’ASE et  le  CHRS .
  • discuter en termes de principe sur l’égalité sur l’agglomération en s’adressant aux pouvoirs publics
  • mais avec une augmentation du rapport des forces, des initiatives envers la population (proposition d’un concert de soutien)
  • développer une culture autour des Roms
  • rassembler autour de la solidarité
  • faire une coordination.

Il est question de mettre en place un lieu de stabilisation avec des logements libres . A proposer à la Métro. Qui pour l’instant n’a fait que la moitié du travail.. La ville de Grenoble envisage un lieu d’habitation avec accompagnement. (Conseil municipal le 27 Septembre à 17h).

Certains élus de gauche sont bien contents de se débarrasser des Roms, mais d’autres essaient de trouver des solutions. Mettre les élus (à tous niveaux des collectivités territoriales en fonction de leurs compétences) devant leurs responsabilités, reste une nécessité.

Pour faire tout cela il faut que le groupe se définisse. Il s’appelle provisoirement Collectif du 16 septembre, comme type d’association d’éducation populaire.

Il y a moyen de faire un collectif élargi à tous les « sans » (Rom, sp, sdf, chômeurs), sur la légitimité à exister.

Pour anticiper l’hiver il faut obtenir des mesures d’ici un mois.

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