À propos

Le collectif La Patate Chaude fait suite au premier collectif de solidarité avec les roms créé le 16 septembre 2010 à Grenoble. Il regroupe des militant-e-s de longue date représentants d’associations engagées dans les luttes sociales, en particulier celles concernant les sans papiers et les sans logis, des représentants de partis politiques, de syndicats, des élus, des professionnels de l’action sociale, ainsi que des Roms, des habitants de l’agglomération, des voisin-e-s des différents camps, ainsi que le collectif suivant depuis le printemps 2011 plus particulièrement les familles Roms qui ont été expulsées de Saint Martin d’Hères, de Saint Martin le Vinoux et de La Tronche.

Si vous désirez être informé des actions du collectif, vous pouvez librement vous abonner à sa liste d’informations ici.

Pour tous contacts écrire à collectifsoutienroms38@gmail.com

Une présentation plus longue de notre collectif est à lire ci-dessous.


Le collectif « la Patate Chaude »

En septembre 2010, suite au discours de Grenoble dans lequel Sarkozy avait particulièrement stigmatisé les Roms, des personnes se sont regroupées dans un collectif dénommé « solidarité Roms ». Ce groupe, très large, a mené de nombreuses actions sur différentes questions : la scolarisation, le logement, la précarité, la santé. Cependant, quelques mois plus tard, de nombreux membres du collectif ont voulu se dissocier des pratiques de certains, car leurs manières de s’organiser ensemble étaient incompatibles. Un nouveau collectif s’est alors créé : le collectif « la Patate Chaude », qui fédère la grande majorité des personnes anciennement actives dans le collectif solidarité Roms.

La Patate Chaude se veut un groupe multiculturel de pressions, de revendications et d’actions politiques. Ses buts sont de rappeler les pouvoirs publics – l’État comme les collectivités locales – à leurs obligations de respect de l’accès au droit commun (la scolarisation, le logement, la santé, le travail, les aides sociales) pour toutes et tous. Le nom du collectif vient d’ailleurs de la propension de ces institutions à se renvoyer entre elles la responsabilité (la patate chaude) de la misère que vivent certain-e-s dans notre société.

L’organisation du collectif compte tout autant que son objet : dans la décision comme dans l’action, il privilégie le consensus et l’écoute de la parole singulière de chacune et chacun, ainsi que le respect des décisions collectives, sans hiérarchie entre ses membres. Nous souhaitons aussi, sans mascarade, laisser émerger la parole des exclu-es et des personnes discriminées, notamment des Roms, et agir autant que possible avec eux plutôt qu’à leur place. La Patate Chaude s’organise donc autour de la parole des Roms, et fonctionne en lien fort avec ce qui se passe sur les campements, dans les squats, dans les lieux d’hébergement, dans les écoles, les administrations, etc.

Par ailleurs, nous considérons que les Roms, comme tou-te-s les précaires, sont les victimes à la fois du système socio-économique actuel et des discours populistes qui visent à les rendre coupables de tous les maux qui en résultent. Nous pensons qu’il n’y a pas d’autre moyen de mettre fin durablement à cette exclusion que de lutter contre ce système. Nous sommes conscients du fait que cela revient à déplacer des montagnes. Pour autant, nous estimons ne pas avoir d’autre choix que cette lutte, et nous appelons à l’élargir.

Dans l’agglomération grenobloise, comme ailleurs en France, le collectif a maintes fois constaté que les Roms sont victimes de discriminations diverses. Ainsi, nous savons que des consignes ont circulé dans différentes institutions, comme au Conseil Général de l’Isère, recommandant aux assistantes sociales de ne pas les prendre en charge, ou dans certaines structures d’hébergement d’urgence, demandant de ne pas héberger les Roms. Nous avons également pu constater, en montant conjointement avec les associations « Un Toit Pour Tous » et « Roms Action » des dossiers DALO (droit au logement opposable) pour des familles roms roumaines, qu’il était impossible pour elles de voir leurs demandes aboutir.

Les demandeurs d’asile roms se voient également plus souvent que les autres refuser un hébergement auquel ils ont pourtant légalement droit. Lorsqu’ils ont été hébergés, ils sont souvent remis à la rue pour des raisons douteuses, parfois avant même d’avoir reçu une réponse négative à leur demande d’asile, et sans solution alternative d’hébergement, alors que là encore, la loi l’interdit. De même, lorsque des campements ou des squats de Roms sont expulsés, aucune solution n’est envisagée par les autorités.

A tout cela, on ajoutera la stigmatisation constante dans les discours de politiciens populistes, qui n’hésitent pas à reprendre à leur compte les pires clichés sur les Roms, pourtant déjà bien assez répandus dans la population (comme l’image de voleurs de poules ou de personnes sales par nature). La palme revient, exæquo :

  • à l’ancien maire UMP de La Tronche, Hervé-Jean Bertrand-Pougnand, qui a longtemps refusé de scolariser les enfants roms du campement situé sur sa commune, a interdit à ses services de voirie d’y intervenir – accusant ensuite les Roms de vivre dans des conditions d’hygiène déplorables – et a même parlé, assurément métaphoriquement, des « différentes races de rats » qui sont apparues dans sa ville…
  • à l’ancien maire communiste de Saint-Martin d’Hères, René Proby, qui n’a pas hésité à faire appel au préfet sarkozyste en place pour faire expulser les campements successifs installés sur sa commune. Comme quoi quand il s’agit de caresser dans le sens du poil la frange la plus réactionnaire des électeurs, la couleur politique des uns et des autres s’atténue considérablement.

Malgré le changement de gouvernement en 2012, non seulement rien n’a changé en France pour les migrant-e-s, mais leur répression a même continué de s’accentuer, avec Manuel Valls à la manœuvre. La Patate Chaude est convaincue que si le pouvoir socialiste se comporte ainsi, c’est qu’il est assuré du soutien d’une majorité de la population, surfant ainsi sur la stigmatisation des Roms et des pauvres qui existe depuis des siècles et a été particulièrement ravivée par le gouvernement Sarkozy. Le collectif souhaite donc lutter contre les stéréotypes qui enferment les Roms, qu’ils soient négatifs (voleurs, sales…), positifs (jolies roulottes, bons musiciens…) ou simplement erronés (roumains, nomades, etc.), notamment en portant leur parole et leurs revendications auprès de la population locale.

La Patate Chaude continue de dénoncer les diverses discriminations que subissent les Roms et la plupart des migrant-s-, notamment dans les différents services publics, mais elle tient également à inscrire son action dans le cadre de luttes plus globales pour les droits fondamentaux et contre le système capitaliste, qui engendre pauvreté et discrimination.

Depuis sa création, en tant que « solidarité Roms » ou que « Patate Chaude », l’action du collectif s’est déclinée de manières très diverses :

  • Les membres du collectif sont présent-e-s sur les campements et dans les squats pour rencontrer les gens, comprendre leur situation et leurs aspirations, et essayer d’envisager des actions avec eux ;
  • La première action du collectif solidarité Roms a été une intervention en conseil de la Métro pour dénoncer la situation des Roms dans l’agglo, notamment l’absence de solutions d’hébergement ;
  • Le collectif a occupé une maison du Conseil général de l’Isère à Saint-Martin-le-Vinoux. Il s’agissait de réquisitionner une maison vide pour dénoncer la spéculation immobilière dans le public comme dans le privé, permettre à des Roms de s’y installer, et visibiliser le fait que de nombreuses personnes n’ont pas de logement, alors que des bâtiments sont laissés à l’abandon ;
  • Les membres du collectif suivent les dossiers divers (hébergement, santé, scolarité, demande d’asile, etc.) de certaines personnes, ce qui permet de faire apparaître les discriminations que subissent les Roms, dont les demandes sont la plupart du temps rejetées ;
  • La première action de la seconde mouture du collectif, « la Patate Chaude », a été de rendre public le fait que la Métro avait laissée vide une maison lui appartenant alors qu’elle devait être consacrée à l’hébergement de familles ;
  • Il a agi à de nombreuses reprises, en lien avec le réseau éducation sans frontières (RESF) ou Roms Action, pour permettre la scolarisation d’enfants roms ;
  • Le collectif a dénoncé la situation de demandeurs d’asile, pour la plupart des Roms d’ex-Yougoslavie, auxquels le droit légal à un hébergement a été refusé pendant des mois, et qui ont campé en plein hiver devant la gare ou dans des parcs ;
  • Le 30 mars 2011, il a organisé, conjointement avec diverses organisations, une nuit solidaire de protestation devant la préfecture. Ce rassemblement a été sévèrement réprimé, mais les demandeurs d’asile à la rue ont été hébergés dans les semaines qui ont suivi ;
  • Au mois de mai suivant, la Patate Chaude a occupé une maison rue Germain, à Grenoble, qui appartenait cette fois à un promoteur immobilier, rappelant qu’elle n’avait « aucune illusion, ni sur [les] motivations [de celui-ci], ni sur l’impact de [son] activité sur la question du logement en général » ;
  • Le collectif a aussi organisé des projections du film « Le bateau en carton », documentaire qui donne la parole à des Roms vivant dans la misère en France. Des projections ont eu lieu dans plusieurs salles, mais aussi sur le camp de La Tronche, pour dénoncer son expulsion prochaine ;
  • Depuis juin 2010, après un travail de plusieurs mois effectué avec « Un Toit Pour Tous » et des dizaines de dossiers montés, le DALO, et notamment le droit à l’hébergement opposable (DAHO), s’applique enfin aussi pour les Roms ;
  • En juillet 2012, le collectif est intervenu au musée de la résistance et de la déportation lors d’une exposition sur les « obligations de quitter le territoire français » (OQTF) financée par le Conseil général, qui venait pourtant de faire expulser de la maison de Saint-Martin-le-Vinoux les Roms qui l’occupaient sans s’émouvoir des OQTF que la préfecture en a profité pour leur distribuer…
  • Depuis 2013, la Patate chaude se bat contre la gestion antisociale des hébergements d’urgence par l’État, qui vise clairement les migrant-e-s. Après avoir empêché des dizaines de remises à la rue aussi inhumaines qu’illégales en juillet 2013 et en mars 2014 notamment, le collectif soutient aujourd’hui, aux côtés de la CISEM et du collectif « Hébergement-logement », les personnes anciennement accueillies au centre les Mimosas, avenue Verlaine à Grenoble, qui occupent le bâtiment dont le préfet de l’Isère voulait les déloger sans leur proposer de solution alternative.

Alors qu’il va bientôt fêter ses quatre ans d’existence, le collectif La Patate Chaude ne faiblit pas. Non seulement ses membres sont encore pleins de ressources, mais de nombreuses personnes expriment régulièrement leur souhait de le rejoindre. Par ailleurs, nous travaillons avec de plus en plus de collectifs, d’organisations et d’associations, telles que la coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (CISEM) et le collectif Hébergement-logement (composé de militant-e-s et de migrant-e-s), dont nous faisons partie, mais aussi la FNARS Rhône-Alpes, la Fondation Abbé Pierre, la Confédération nationale du logement ou encore le réseau Alerte, qui rassemble plus de 60 associations du secteur social.

6 réflexions sur “À propos

  1. Bonjour
    je trouve intéressante l’initiative de la création de ce nouveau collectif et j’aimerai savoir où et quand vous vous réunissez pour, éventuellement, joindre mes forces aux vôtres
    merci de me tenir informée

  2. Bonsoir à tous j’ai entendu parler de vous, j’ai rencontrais et eu de très bonne discutions avec certains d’entre vous dans de divers manifestation et événement comme par exemple le soutient aux travailleurs de sans papier qui à eu lieu je crois le 22 septembre et récemment dans la manif sortir du nucléaire à Lyon. Votre cause me parle et m’interpelle et j’ai envie de me battre pour le droits humain, la liberté, la solidarité et l’égalité pour tous car pour moi c’est des valeurs fondamental. Je ne sais pas trop comment prendre contact avec vous mais j’aimerai rejoindre le mouvement pour militer et soutenir les roms avec vous tous. A bientôt j’espère..

  3. Pourquoi ne vous occupez-vous pas de la misère des Français en priorité, vous auriez du pain sur la planche ! Je précise que je ne suis pas raciste car c’est souvent l’argument que l’on nous renvoie. Mais depuis l’arrivée des roms, on voit des prostitués partout, des vols, c’est sale où ils s’installent car ils ne respectent rien, Grenoble vit dans l’insécurité. Je connais un artisan qui a perdu 15000 euros de bénéfice car leur camp était à proximité de son commerce, donc les clients ne venaient plus, la rue était devenue un souk ! Pourquoi ne pas rechercher le problème qui se situe dans leur pays qui ne les veut pas. On a déjà assez de souci comme ça ! Je suis au chomage et moi personne m’aide. On ose plus aller au resto du coeur ! C’est certainement pas le petit clochard du coin de la rue qu’on va trouver dans la file d’attente. Tout leur est dû. Quand ils font la manche, ils réclament même des tickets resto ! Incroyable ! Et vous acceptez ça !!!! Y’a même des retraités français qui ont travaillé toute leur vie qui vivent dans la misère, ça ne vous émeut pas ??? Et la liste des problèmes de français qui vivent mal même en travaillant, vous y pensez ? Car ils n’auront droit à rien eux, puisqu’ils travaillent ! En fait toutes les aides sont mises en place pour ces gens qui ont bien compris le système et qui ne travailleront jamais car ils ont savent qu’il y aura toujours des personnes comme vous pour leur tendre la main.

    • Pour répondre à votre première question « Pourquoi ne vous occupez-vous pas de la misère des Français en priorité, vous auriez du pain sur la planche ! », on vous renvoie à la présentation de notre collectif, à la lecture duquel vous comprendrez qu’on n’oppose pas les problèmes des pauvres français et des pauvres étrangers, mais qu’au contraire on pense et agit sur le plan politique, pour tous, et ce sans discriminations (nationalité, couleur de peau, origine sociale, sexe etc…)
      Vous dites ne pas être raciste. Pourtant, qu’est-ce que le racisme, sinon de faire de l’attitude d’une personne une généralité, et de l’attribuer à une origine raciale supposée ? Par exemple, parce qu’on a été volé par un Rom, dire que les Roms sont des voleurs. Ou, quand des Roms vivent dans des conditions d’hygiènes déplorables, l’attribuer à leur « nature de Roms ». Que diriez-vous si un étranger, confronté un jour à un blanc raciste, disait que « les blancs sont racistes » ? Vous en seriez excédé, vous qui ne vous sentez pas raciste… Ceci dit, il faut savoir qu’en France, l’opposition entre les « bons Français » et les « autres » (Juifs ou étrangers) a connu son apogée il y a plus de 60 ans : en 40-44, sous le régime de Vichy de Pétain, qui lui était bien raciste et antisémite. De plus, le maréchal se foutait comme d’une guigne des pauvres, de même que sa lointaine héritière grandie quelque part près de Neuilly-sur-Seine – qui s’imagine sans doute, comme bien des gens, que quinze mille Roms étrangers vivant dans la misère sont responsables des difficultés de 65 millions de « bons Français ».
      Si notre collectif se concentre en effet plus particulièrement sur le soutien aux Roms, ça n’implique pas pour autant que notre action s’y limite – on ne choisit pas au faciès ou au papier d’identité qui a besoin de soutien. Cela dit, vous semblez ignorer la situation réelle des Roms : ils ne bénéficient pas des aides sociales (comme le chômage, dont vous bénéficiez), ce qui explique la mendicité, la prostitution etc., qui ne sont pas des emplois pratiqués par vocation. La plupart du temps, ils ne bénéficient pas non plus des services dus à tout citoyen, tels que les services de voirie (ce qui explique la « saleté » des lieux où « ils s’installent »), l’eau et l’électricité, ni souvent de la scolarisation des enfants (qu’il faut faire des pieds et des mains pour obtenir)… Vous semblez ignorer aussi qu’il n’existe pas de pays qui soit un état des Roms. Ils sont rejetés de tous les pays en raison d’une appartenance ethnique et culturelle qu’eux-mêmes ne revendiquent pas forcément. Et plus ils sont pauvres, plus ils sont rejetés…
      Mais ce qui nous interpelle encore plus, c’est que vous semblez ignorer que les politiciens de tout poil, pour éviter de subir le courroux de la population à laquelle ils font endurer toutes sortes de souffrances (pauvreté, chômage, vie sans joie au rythme du métro-boulot-dodo), ont coutume de monter leurs « administrés » les uns contre les autres. Ainsi, on essaie de nous convaincre que le pire ennemi du travailleur, c’est le chômeur ; que le pire ennemi du chômeur, c’est le RSAste ; que le pire ennemi du RSAste, c’est l’immigré ; et que le pire ennemi de l’immigré, c’est l’autre immigré, plus pauvre, illégal, moins bien intégré : c’est le Rom. C’est le meilleur moyen, pour ceux qui sont au pouvoir politique et économique, d’avoir la paix sociale alors même qu’ils exploitent et appauvrissent la population. C’est leur manière d’éviter que les démunis ne s’unissent pour mettre un terme aux privilèges indus des élites. Et nous sommes profondément attristés de constater que des gens comme vous, dont nous ne mettons pas en doute la galère, s’acharnent sur les plus pauvres qu’eux, alors que c’est plutôt la solidarité entre les défavorisés qui vous permettrait de sortir la tête de l’eau.
      C’est en tout cas là que nous souhaitons placer l’engagement de notre collectif, et certainement pas dans la défense des Roms contre les autres victimes des personnes aux pouvoirs. Que ce soient les « petits clochards du coin », les retraités sans le sou, les travailleurs qui se tuent à la tâche pour gagner une vie de misère, ou les chômeurs sans aide – nous n’acceptons aucune de ces situations, toutes scandaleuses.
      PS  : et en ce qui concerne les tickets resto, nous ne voyons pas ce qu’il y a de honteux à en demander quand on est dans le besoin, sachant qu’ils permettent d’acheter à manger dans de nombreux magasins d’alimentation… Si vous cherchez des motifs d’indignation, nous pouvons vous en fournir de bien plus criants : l’exploitation salariale, la spéculation immobilière et financière, le trading, les détournements de fonds, les abus de biens sociaux, les trafics d’influences… tout ces méfaits qui sont bien davantage responsables du chômage que vous subissez que quelques exilés qui vivotent tant bien que mal dans des conditions indignes et exercent les métiers de la survie.

  4. Pingback: La Patate Chaude vous invite à Paris | zoltangabriel

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