La chasse aux Roms continue et s’accélère !

photo le DL lisa marceljaLe changement ?

Il y a quelques mois encore et jusqu’à la fin de son mandat, Nicolas Sarkozy continuait la destruction des services publics et du système de protection sociale, tout en empruntant les vieilles recettes de l’extrême droite : faire diversion et diviser en suscitant la peur, sur les thèmes de l’insécurité et de l’immigration.

Au discours xénophobe – qu’il a contribué à légitimer – ont suivi les actes, et les Roms en ont fait les frais, avec d’autres, et sans doute plus que d’autres puisqu’ils ont alors été nommément désignés.

Vint François Hollande, dont le programme et la campagne avaient esquivé la question de l’immigration, son parti attribuant ses échecs de 2002 et 2007 pour partie à un positionnement trop généreux (ah bon?) sur ces questions. Il fallait mordre sur l’électorat réactionnaire et en conséquence ne pas aborder le retour aux droits fondamentaux pour les migrants.

Quelques timides propositions avaient malgré tout été avancées, telles que la gratuité (récemment supprimée) de l’aide médicale d’Etat, l’adoucissement du régime des centres de rétention (non leur suppression), l’arrêt de la détention d’enfants.

Il y avait aussi la promesse de revenir sur les « mesures transitoires » qui bloquent de fait l’accès au travail pour les Roumains et les Bulgares, et que la majorité des pays européens ont abrogées.

Dernière promesse, déjà lointaine, de François Hollande : « Je souhaite que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées. On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution. »

… pas pour l’égalité des droits.

A quelques exceptions près, le droit des étrangers, qui n’avait cessé de se durcir, de Chevènement à Besson en passant par Pasqua, ce sous-droit donc va-t-il être maintenu en l’état, un bien piteux état ?

Le programme de Hollande laissait peu d’espoir. Qu’allait-il se passer après les élections ?

On le voit aujourd’hui.

Le démantèlement des camps de Roms – puisque c’est aujourd’hui le terme en vigueur, évoquant les réseaux mafieux – se poursuit et même s’accélère dans différentes villes et, à une seule exception près à notre connaissance (Lyon), aucune mesure d’accompagnement social ni d’hébergement n’est prévue pour les familles expulsées, dépourvues de tout.

Dans le Figaro web du 26 juillet, Manuel Valls confirme la poursuite de ce démantèlement des camps, sans préciser ce qu’il adviendra des personnes concernées. Mieux, il semble revenir sur l’abrogation des mesures transitoires en déclarant que « l’accès au travail n’est pas le véritable problème ». On peut donc douter très fort de sa volonté de s’y attaquer… et l’on pourra continuer à enfourcher le thème des Roms qui ne s’intègrent pas.

Au beau milieu de cette campagne de répression, l’association La voix des Rroms a réagi avec humour à ces déclarations gouvernementales : « Courage, gouvernement Ayrault ! Vous pouvez vous en sortir ! Nous, on s’en sort depuis 700 ans envers et contre tout. C’est juste une question de valeurs à respecter, et ce n’est pas très compliqué ».

Dans l’Isère, le même préfet met en œuvre la même répression.

Le 26 juillet, à 6 heures du matin, une centaine de policiers encerclent le camp de la Tronche habité depuis deux ans par des Roms roumains pour la plupart. Comme à St Martin d’Hères peu de temps auparavant, ils délimitent un important « périmètre de sécurité » (bigre ! Craignaient-ils un fort Chabrol?), réveillent parents et enfants à grand renfort de coups de matraque dans les portes des baraques, et leur donnent quelques instants pour faire leur paquetage. Un seul voyage étant autorisé, on voit donc partir un par un des femmes et des hommes, leur baluchon sur l’épaule, du moins pour ceux qui partent « libres ». Un peu plus loin, ils s’arrêtent, leurs bébés dans les bras, leurs enfants autour d’eux, se demandent ce qu’ils vont faire, où ils vont aller. Puis, par petits groupes, ils vont à la recherche d’un endroit pour passer la prochaine nuit. C’est sans compter sur la police qui les poursuit et les contraints à déguerpir. Pour aller où ? « Plus loin ! »

Inutile de préciser que dans cette fuite en avant, les protestations sont déconseillées et les recours juridiques pratiquement impossibles.

Pour le préfet de l’Isère, pour le maire de la Tronche, le problème est réglé

Après l’évacuation du camp de la Tronche, le plan com.

En fin de matinée, on a pu voir un haut responsable de la préfecture organiser pour la seule télé une visite accompagnée pour lui désigner l’insalubrité du camp, lui expliquer la délinquance qui y régnait, et le comportement humain de la police. La journaliste aux ordres rapporte ses propos sans commentaire.

Dans le Dauphiné libéré du lendemain, c’est l’adjoint au maire de la Tronche qui sert une justification plus cynique encore : « Ce terrain, il fallait l’évacuer à tout prix, car il n’est pas humain de vivre dans ces conditions, sans eau potable, sans électricité, sans toilettes … Il y a des femmes, des enfants, et il n’était pas possible d’accepter cela ».

On ne peut que souscrire cette déclaration. Problème : aucune disposition n’a été prise pour sortir « ces femmes et ces enfants » de leur dénuement. Mieux : jusqu’au bout, la mairie de la Tronche a organisé un embargo sur tout service à ce camp : eau (coupée par la mairie), électricité, toilettes, ordures ménagères, dératisation,… Dans le même temps, les mêmes élus se lamentaient sur le manque d’hygiène. Et il aura fallu des mois de pressions diverses pour que le maire, bien obligé, respecte ses obligations légales de scolariser les enfants roms de sa commune.

A lire le compte-rendu (ci-dessous) rédigé pas les services de la mairie de La Tronche de la préparation et de l’opération, on est rassurés de constater que les services savent s’organiser quand ils le veulent, y compris pour assainir ce terrain privé, mais il était hors de question que cela bénéficie aux Roms …

Aujourd’hui, les Roms errent dans l’agglomération, sans eau potable, sans toilettes, et maintenant sans abri.

Cette situation est scandaleuse, et il faut en combattre partout les responsables.

Le 2 août 2012, la Patate Chaude

La Patate chaude est un collectif constitué de personnes très diverses, et qui s’est créé après le discours dit de Grenoble, discours de sinistre mémoire puisqu’il désignait comme un problème pour notre société ceux qui précisément en étaient le plus exclus, et dont, pour notre part, nous nous déclarons solidaires.

Nous appelons à une mobilisation sous toutes ses formes pour le respect des droits fondamentaux, notamment le droit aux logement qui reste bafoué.

Nous considérons que les Roms, comme tou-te-s les précaires, sont les victimes à la fois du système socio-économique actuel et des discours populistes qui visent à les rendre coupables de tous les maux qui en résultent. Nous avons conscience qu’il n’y a pas d’autre moyen pour mettre fin durablement à cette exclusion que de lutter contre ce système. Nous savons aussi que cela revient à déplacer des montagnes.

Pour autant, nous estimons ne pas avoir d’autre choix que cette lutte et nous appelons à l’élargir.

Pour nous contacter collectif16septembre.wordpress.com/ ou collectifsoutienroms38@gmail.com

———————– notes de service de la mairie de La Tronche ———————–

Compte rendu journée du 26 juillet 2012 : expulsion du camp des Roms

L’expulsion du camp des Roms sur le terrain Schneider s’est déroulée le 26 juillet 2012 avec un début de l’opération à 6h le matin.

L’opération a été menée en étroite collaboration entre les différents intervenants :

Les services de la préfecture

La police nationale

Les agents de la commune

Les entreprises intervenantes (Moulin TP, Reflex société de sécurité)

Rétro planning de l’opération :

Mi juillet nous apprenons que l’expulsion devrait avoir lieu le 26 juillet ; les services de la mairie avaient, en lien avec M. le maire, déjà réfléchi à l’après « opération « (nettoyage, sécurisation, le propriétaire n’ayant réalisé aucune intervention depuis le debout du squat).Une première date avait été communiquée fin juin puis annulée.

Contenu de l intervention post expulsion :

Sécuriser immédiatement le site et les sites aux alentours susceptibles d’être squattés  société REFLEX

Procéder à la destruction des caravanes sur site et transfert des déchets dans les bennes (entreprise Moulin TP / Lely pour la fourniture des bennes / Metro pour la prise en charge financières de la fourniture des bennes /compétence dans la gestion des déchets) retrait des épaves de véhicules

Dératisation et dépollution du terrain

Remise en état du terrain pour éviter un nouveau squat

Rendez vous en préfecture le 16/07 après midi pour définir les modalités de l’expulsion

——–

Compte-rendu de la réunion qui s’est déroulée le lundi 16 Juillet en Préfecture :

CF/CB/SB

Le début de l’opération de Police est programmé à 6 heures le jour J.

Sur site seront présents les services de la Police Nationale. Présence de l’Office Français de l’ Immigration.

Cette opération se déroulera en deux temps :

- Le Directeur de cabinet du Préfet souhaite que l’évacuation précède de quelques heures la sécurisation. En effet il souhaite éviter l’effet amalgame évacuation /pelleteuse Cette dernière débutera que vers 14 heures. Les engins de chantier seront positionnés à proximité.

-La Police Nationale va traiter par zone l’évacuation du terrain.

-Lors de cette réunion, un intervenant nous informe des effets collatéraux de l’opération :

  • La possibilité que les Roms se rendent en compagnie de membres d’associations en Mairie
    • Nécessité d’anticiper au niveau des différents accueils de la mairie une posture commune.
  • le risque possible de squat, visant certains terrains de la commune et / ou sites plus ou moins à l’abandon : nous signalons le terrain de l’ancien tri postal sur lequel il faudra opérer une vigilance :
    • Nécessité de mettre en place une sorte de vigi sur la semaine suivant l’évacuation auprès de l’ensemble des services qui tournent sur la commune ’

Un personnel du service des étrangers de la Préfecture nous informe que 13 Obligations de quitter le territoire seront exécutées le jour de l’expulsion. Ces personnes seront dirigées vers le Centre de Rétention Administrative de Lyon.

Il est demandé l’intervention de l OFFI (l’office français de l’immigration et de l’intégration) qui peut, peut être mettre à disposition un bus .

Le Directeur de Cabinet du Préfet évoque la possibilité pour le service des étrangers de la Préfecture de proposer des billets de retour en avion aux roms qui le souhaitent avant le déroulement de l’opération de Police.

Il nous demande si la commune a prévu un hébergement pour les roms qui seront expulsés du site. Cécile BOGEY explique que la commune ne dispose d’aucun terrain susceptible de les accueillir.

Les familles Roms dont les enfants sont scolarisés dans les écoles de la commune pourront être hébergées dans les familles qui les ont domiciliés chez elles, pour leur inscription scolaire.

  • A ce sujet le service des étrangers demande à ce que lui soit fourni les noms et adresses des familles qui ont déclaré héberger ces personnes.

Il demande à ce que le service des étrangers de la Préfecture puisse quantifier le nombre de familles dont un parent est hospitalisé.

Le Directeur de la Sécurité Publique de l’Isère demande s’il est possible que la commune mette à la disposition de la Police Nationale les deux chapiteaux dont elle dispose.

Il demande également si la commune dispose des autorisations pour une intervention sur un terrain privé :

Il est répondu qu’une mise en demeure a été adressée sans réponse et que le délai est bien échu.

  • Vérifier quand même auprès du service juridique

Ce dernier ajoute qu’il serait bien de sensibiliser les habitants du Manhattan à ne pas permettre aux journalistes de pouvoir entrer chez eux afin de réaliser des reportages qui pourraient nuire à l’opération.

Le Directeur de cabinet du Préfet nous informe qu’il sera présent sur site, afin de se charger du volet communication de l’opération.

D’une manière générale, la préfecture a souhaité faire passer le message suivant selon lequel il était nécessaire d être prêt et de tenir bon face notamment aux diverses pressions qui en découleront message à destination des élus

Une réunion réunira les services de la Mairie et de l’Hôtel de Police dans les prochains jours pour affiner l’opération de terrain.

 

 


 

Lundi 23 juillet réunion préparatoire en présence de la police nationale et des entreprises impliquées

Réunion : 23/07/2012 – Expulsion ROMS TV, SB, CéB, CF, DM, SH, Commissaire LOMBARD, autre policier, société REFLEX (3), N. MOULIN (MOULIN TP)

——

Calage technique pour l’opération 26/07

CF : un appel téléphonique 20 à 30 min avant.

Mme LOMBARD : 6h00 tous les effectifs sont regroupés à l’hôtel de police. 6h10 tout doit être prêt sur site. 10’ avant de partir Mme LOMBARD appelle.

Fermeture de la Bretelle d’accès ? Mme LOMBARD : appellera le Directeur de la sécurité SEMITAG pour l’informer de cette opération. Pas de nécessité de fermer cette bretelle.

Même déviation sera mise en place. CéB préviendra le SDIS le matin en arrivant à 6h00.

Pour SIBELLAS : expulsion prime sur des problèmes de livraison. CF informera SIBELLAS de cette opération la veille.

Dans l’impasse : Une tente installée en travers de l’impasse (à partir de 6h20) en présence des policiers.

CF sera positionné aussi au niveau du passage RICOU.

Dans le timing : La Police estime qu’il faudra au moins jusqu’à 13h00 pour finaliser l’opération. Recensement, puis poussés par la police, ils sortent du camp mais restent sur place.

MOULIN TP se positionne sur le stade ou sur la Carronnerie avec la pelle pour se tenir prêt. Le chantier arrête vers 17h00 et reprend à 7h30 le matin. Montrer que tout le terrain est retravaillé et pas seulement une seule zone.

Dans le suivi : la société REFLEX, prévue pour la surveillance de nuit (21h / 6h00 : revoir la prise de poste au moins 17h00 + tournées sur site stratégique : système de « rondier » : le 26/07 à partir de 13h00 sur les terrains qui pourraient être squattés, puis une présence sur site après 17h00, plus présence jour et nuit sur le 1er WE jusqu’au lundi matin 6h00). Pour la surveillance de jour à compter semaine du 30 juillet : les services techniques qui feront des tours de ronde.

Mme LOMBARD  Tant qu’il y a des affaires à faire sur le terrain, les personnes évacuées vont rester à proximité. La PN pourrait rester un peu plus pour permettre à MOULIN d’écraser les constructions sur site. Assurer une présence continue pour montrer qu’il n’y a pas de possibilité de réinstallation. La PN va assurer des passages ce jeudi mais ne sera pas présente en continu. Dans les 2 jours, ils se dispersent.

S’ils viennent en mairie avec les associations, faire une réquisition écrite à la PN pour intervention sur site.

Pour l’OFII pas d’info pour le moment. Mme LOMBARD recontactera la Préfecture ces jours-ci pour avoir l’info.

Temps du chantier : 1 semaine pour le nettoyage, 1 semaine pour le remaniement.

Le Directeur de DECATHLON sera prévenu la veille pour : laisser la barrière fermée toute la journée, renforcer sa vigilance sur site.

Pour les rats : lancement le même jour de la campagne de dératisation.

Les carcasses seront identifiées par la Police. REDA n’enlèvera que les véhicules. Pas de clôture prévue pour le terrain. Voir si l’on installe des barrières de chantier sur le linéaire Chantourne + derrière le Century.

Pour tout problème constaté sur site ou à proximité : composer le 17.

Seront présents sur site : TV, CF, SH.

Prévoir les bennes Lely : pour 13h00 sur place, faire rentrer les bennes sur le terrain. Elles ne devraient pas être remplies avant le lendemain. MOULIN TP préviendra LELY en direct pour les rotations de bennes (CéB informer N. MOULIN coordonnées LELY).

Prévoir le café pour les policiers.

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