Lettre ouverte à Madame Fioraso, députée PS de l’Isère

Paroles PS Section de La Tronche janvier 2012 page 2Dans le bulletin de janvier du PS de la Tronche, vous avez fait paraître un démenti aux propos qu’on vous prêtait, au sujet du camp de Roms de la Tronche, à savoir : « Il faut apprendre à cohabiter avec les Roms », formulation que vous remplacez par : « Il faut mettre fin à l’installation sauvage des Roms ». Votre bulletin reprend par ailleurs les habituels clichés et amalgames auxquels la sarkozie nous a maintenant habitués : l’insécurité, les vols, la prostitution, la saleté, la fumée,…

Doit-on comprendre que le parti que vous représentez a jeté aux orties, avec son courage politique, des principes comme la présomption d’innocence, l’égalité des droits, la solidarité, le refus des discriminations ? Son programme va-t-il définitivement tourner le dos aux habitants de ces camps et donner une légitimité à la vindicte populaire ? Ou va-t-il enfin imaginer de redonner aux migrants de vrais droits? Va-t-il en particulier se pencher sur la déshérence du logement social ?

Sans nier les désagréments que peuvent parfois provoquer les camps à leur voisinage, que représentent-ils réellement comparés aux conditions de vie qui règnent dans ces camps?

Si vous aviez rencontré ces familles, peut-être auriez-vous évolué vers une position plus équilibrée, recherché des solutions…

Plutôt que de déplorer l’insalubrité du camp, avez-vous songé à exiger du maire de la Tronche et de la Métro que soit effectuée la collecte des ordures comme partout ailleurs ?

Que pensez-vous de ce personnage qui, en toute illégalité, refuse désormais d’inscrire des enfants roms dans les établissements scolaires de sa commune?

Savez-vous que le Conseil général de l’Isère n’assume pratiquement plus ses obligations d’aide sociale et de protection de l’enfance dès lors qu’il s’agit de camps de Roms ?

Ce que vous ne pouvez pas en tout cas ignorer, c’est qu’aucune autorité politique, qu’elle soit nationale ou locale, ne semble plus s’intéresser au respect de leurs droits fondamentaux, notamment le droit au logement.

Et qui s’insurge devant les tracasseries administratives, et les violences policières dont ces familles sont les victimes ?

Quelles que soient les réponses à ces questions, tout nous porte à croire que vous préférez hurler avec les loups, et prêter une oreille plus attentive à l’expression de la xénophobie qu’à la misère des habitants des camps. Ces reniements honteux ont ils à ce point gangréné votre formation, ou en êtes-vous seulement le poisson pilote ? Dans votre stratégie électorale, il vous faudra faire un choix entre ce jeu de la peur et de l’exclusion, et la solidarité active avec ceux qui manquent de tout.

Nous refusons cette dérive vers une société à deux vitesses que vous semblez nous préparer, et nous nous insurgeons contre ces propos discriminatoires d’où qu’ils viennent.

Nous attendons de votre part, au lieu de cette stigmatisation, un soutien concret aux sans abri qu’ils soient ou non rom.

Le collectif « La Patate Chaude » 18 janvier 2012

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Une réflexion sur “Lettre ouverte à Madame Fioraso, députée PS de l’Isère

  1. Tout cela ne nous donne pas la moindre nouvelle de la famille Ajeredinovski-Todora pour laquelle de nombreux (parait-il) Grenoblois sont intervenus auprès du Préfet. Parmi eux, et à mon appel, le Conseiller général du canton Fontaine-Sassenage et qui, aujourd’ hui, je le crains, n’ en sait pas plus que moi sur le devenir de cette famille.

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