Chronique d’une expulsion, la politique du débarras

expusion MoulissimoAu petit matin du 27/09/2014, au 1 rue du Tour de l’eau (Saint Martin d’Hères), des dizaines d’estafettes s’installent, prennent position en encerclant une grande bâtisse squattée par des personnes (adultes, enfants, nourrissons) roumaines. A leurs bords des dizaines et des dizaines de gardes mobiles ; polices nationale et municipale ne sont pas en reste. Elles viennent procéder à ce que, pudiquement, une journaliste appelle « une évacuation ».

L’opération consiste à réveiller brutalement, sans états d’âme, les occupant.e.s, à vérifier leur identité (tout en profitant de leur remettre soit une Obligation de Quitter le Territoire sous 48H, soit un ordre de transfert en Centre de Rétention) et les forcer à quitter les lieux.

Objectif répressif.

 Un cordon de sécurité est mis en place et ceinture l’opération d’expulsion. Il est légitime de s’interroger sur l’importance du dispositif, sur le tel déploiement des forces de l’ordre ; par quoi, pour qui était-il justifié ? Citoyen européen, le roumain, rom ou non, est assimilé à un vaurien, une crapule.

Tout campement de roumains amène l’émergence d’une angoisse, d’un sentiment d’insécurité.

Le traitement réservé par les politiciens à ces communautés interroge d’autant que LA solution trouvée est l’EXPULSION. Ils la justifient par un argumentaire xénophobe en garantissant, aux riverains (leur électorat), la « sécurité et la salubrité ».

Idée raciste, pensée réductrice.

Ces personnes qui n’aspirent qu’à vivre comme tout un chacun sont frappées d’ostracisme.

Il faut éloigner les indésirables.

Contrôle social.

Pas de pleurs, ni de cris ; les visages reflètent la crainte de l’avenir immédiat, la tristesse d’avoir perdu leur lieu de vie, l’incompréhension. Marques de l’oppression.

Dans presque un mois ce sera la trêve hivernale ; quelle urgence y avait-il d’expulser ces personnes d’un lieu qui en a accueilli jusqu’à 250 ? Sont-elles plus en sécurité dans la rue ? Mais il est indéniable qu’il s’agit surtout de la sûreté des riverains.

L’adaptation (« vieil atavisme ») est leur force. Après avoir erré de-ci de-là ces hommes et ces femmes sont venu.e.s grossir le grand campement d’Allibert, sur Grenoble.

Il y a comme un parfum de revanche de monsieur S., règlement de comptes entre la préfecture et la mairie de Grenoble par Roms interposés ; dommages collatéraux !!

Ce même jour, en début d’après-midi la circulation a repris.

Dans une indifférence quasi-générale, une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants se retrouve sans lieu de vie, excepté la rue

La demande du préfet rejetée !

Le préfet de l’Isère avait demandé au tribunal administratif d’ordonner l’expulsion immédiate des occupant-e-s de l’ancien centre d’hébergement situé à Grenoble, au 11 Avenue Paul Verlaine.
 Centre de la rue Verlaine
Le juge a estimé que :
- l’occupation des locaux n’empêche pas l’accomplissement de missions de service public ni la réalisation d’un quelconque projet public,
- il n’était pas prouvé que les locaux étaient plus insalubres à présent que lorsqu’il s’agissait d’un centre d’hébergement géré par l’Arépi à la demande de la préfecture,
- l’occupation du bâtiment ne provoque pas un trouble à l’ordre public auquel le préfet ne pourrait faire face,
- si l’occupation entraîne des nuisances pour le voisinage, ceci n’est pas dû à son caractère illégal, mais c’était déjà le cas lorsqu’il s’agissait d’un centre d’hébergement mis en place par la préfecture,
- la situation irrégulière sur le territoire des habitant-e-s évoquée par la préfecture n’a pas d’influence sur l’appréciation de leur occupation d’un bien public.
En conséquence de quoi il a rejeté la demande de la préfecture.
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Voir le jugement complet sur le site du tribunal administratif.
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Le site d’information grenoblois Place Gre’net a publié un article sur le sujet avec des interviews vidéo ainsi que notre réaction, que voici :
Nous nous félicitons de cette décision du tribunal administratif, même si l’occupation de ce bâtiment n’est pas une fin en soi pour les personnes qui l’habitent. Nous attendons à présent que l’État, le Conseil général, la Métro et les communes mettent en place des structures d’hébergement conséquentes qui évitent que ce type de situation ne se reproduise sans cesse, et que la préfecture permette aux personnes concernées d’accéder, comme elles le souhaitent, au droit commun et à un logement digne de ce nom.

Rassemblement jeudi 24 juillet

APPEL A RASSEMBLEMENT

pour le procès opposant la préfecture aux habitant-e-s de Verlaine ce jeudi 24 juillet à 13h30 au tribunal administratif

Depuis le mois de mars, nous sommes mobilisé-e-s contre la fermeture des dispositifs d’hébergement d’urgence (voir ici et notamment) contre les expulsions locatives et de squats et contre les remises à la rue, dans une agglomération où plus de 2000 personnes sont sans solution pérenne d’hébergement. Ces dernières semaines, c’est autour du site de Verlaine que la lutte s’est focalisée.

Banderole logements décents et adaptés préf

Ce jeudi 10 juillet, en faisant couper l’eau et l’électricité et en mettant fin à la convention passée avec l’AREPI pour gérer le lieu, la préfecture a bafoué son obligation légale d’assurer la continuité de l’hébergement d’urgence et a placé la soixantaine de personnes, alors encore hébergées, en situation d’occupation illégale.

La préfecture a ensuite lancé une procédure d’expulsion envers tou-te-s les habitant-e-s de Verlaine et l’audience aura lieu ce jeudi 24 juillet à 14h au tribunal administratif de Grenoble.

Nous comptons sur vous pour relayer l’information et être présent-e-s auprès des habitant-e-s

RENDEZ VOUS CE JEUDI 24 JUILLET

à partir de 13h30

AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

2 place Verdun, à Grenoble

Le collectif hébergement-logement a également envoyé une lettre aux élu-e-s et partis de l’agglomération

Réponse à un communiqué de la préfecture

Le 9 juillet, un article paraissait dans le Dauphiné Libéré, qui reprenait largement un communiqué de la préfecture de l’Isère.DL090714-1-communiqué préf

Dans celui-ci, cette dernière déclarait entre autres :

« Il n’est pas raisonnable de laisser croire aux intéressés qui n’ont pas toujours leur libre arbitre qu’il existerait en France un droit à l’hébergement gratuit sans limitation de durée ».

Estimant que les propos de la préfecture dans ce communiqué sont non seulement fallacieux, mais en plus donnent une image caricaturale des personnes hébergées qui ne peut qu’attiser la xénophobie grandissante en France, nous avons demandé au Dauphiné de publier une réponse que nous lui avons envoyée. Ce que le journal a fait :

DL130714-réponse PCh comuniqué préf

Si on peut remercier le Dauphiné d’avoir accédé à notre demande et publié notre réponse, on peut en revanche regretter que notre communiqué ait été largement saucissonné, laissant ainsi de côté quelques arguments essentiels. Il est vrai que le communiqué de la préfecture avait, lui aussi, été raccourci. Néanmoins, comme on peut le constater en observant les deux articles ci-dessus, l’article consacré au nôtre est singulièrement plus court que celui consacré à celui de la préfecture. Bref.

Voici donc ci-dessous l’intégralité de notre communiqué :

Dans un communiqué relayé dans ces colonnes le 9 juillet 2014 dans un article intitulé « La préfecture confirme la fermeture d’un centre d’hébergement à Grenoble », la préfecture de l’Isère déclarait : « Il n’est pas raisonnable de laisser croire aux intéressés (…) qu’il existerait en France un droit à l’hébergement gratuit sans limitation de durée ». En faisant une telle déclaration, la préfecture s’obstine à nier la loi qui oblige l’État à assurer sans condition l’hébergement de toute personne sans abri (article 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles).

De plus, dans cet article, elle dépeint à l’opinion publique des migrants délinquants qui profitent illicitement d’un hébergement gratuit au détriment du contribuable français. Nous, qui connaissons personnellement les personnes accueillies dans ce centre d’hébergement, affirmons qu’au contraire, celles-ci souffrent de devoir vivre dans ces conditions indignes, et ne souhaitent qu’une chose : pouvoir accéder à l’autonomie, c’est-à-dire à un travail, à un logement et à l’ensemble des droits qui leur permettraient de choisir par elles-mêmes leur lieu et leur mode de vie – tout ce que la préfecture de l’Isère leur refuse en n’officialisant pas leur présence en France.

Cette attitude et ce discours de la préfecture sont odieux. Ils contribuent à la désinformation qui favorise la montée de la xénophobie dans la société française. Nous osons espérer que les habitants de l’agglomération grenobloise n’en sont pas dupes.

Le collectif la Patate Chaude, le 10 juillet 2014

J+5 au Foyer des Mimosas : Quand l’État détruit les bases de l’action sociale

Ce jeudi 10 juillet au matin, de nombreuses personnes et associations étaient encore là dès 6h pour soutenir les hébergé-e-s face à la préfecture et à l’AREPI. Encore une fois, des rumeurs circulaient sur une possibilité d’intervention policière dans la matinée. Encore une fois, les rumeurs ne se sont pas confirmées.

Rassemblement Verlaine 4-7-2014Mais en début d’après-midi, des techniciens de la Régie des Eaux et de GEG sont arrivés pour couper les fluides, accompagnés d’un capitaine de gendarmerie, de 3 camions de policiers, de plusieurs agents de la BAC (Brigade Anti Criminalité) et du directeur de cabinet de la préfecture, M. RIBEIRO. En cas de résistance, la police interviendrait. Nous avons alors lancé un appel aux médias. L’AREPI a ensuite officiellement quitté les lieux avec son matériel, sa direction et ses gardiens. M. RIBEIRO a confirmé qu’un huissier allait être envoyé dans les jours à venir pour constater l’occupation illégale des lieux et qu’une procédure d’expulsion serait lancée.

Nous avons ensuite pu faire notre premier point « à l’intérieur » des Mimosas avec les habitant-e-s, pour se redire les dernières informations, voir comment chacun-e se sentait et discuter de la suite. Les habitant-e-s ont redit leur besoin de personne extérieures qui pourraient maintenir d’une part une entente relative entre eux, et d’autre part gérer l’arrivée potentielle de nouveaux gens à la recherche d’un toit.

Suite à la coupure des fluides, nous avons sollicité la mairie pour les remettre, en finissant par y envoyer une délégation. En fin d’après-midi, MM. PIOLLE, DENOYELLE et ROUSSANT (directeur de cabinet) ainsi que des personnes du CCAS sont arrivés à Verlaine, accompagnés par les médias. L’eau et l’électricité ont été remis, la mairie a fait venir un gardien et changer les barillets.

Déjà, des familles qui se trouvaient sous les tentes d’Allibert (au carrefour près de Grand-Place) arrivaient, dans l’espoir de trouver un toit. Pendant ce temps, à l’intérieur, une réunion se tenait entre habitant-e-s, associations et soutiens, pour envisager la suite.

Actuellement, on peut dire des Mimosas :
- qu’il ne s’agit plus d’un centre d’hébergement : il y a donc bien eu rupture de la continuité de l’hébergement.
- qu’il s’agit juridiquement du « domicile » des personnes puisqu’elles s’y trouvent, pour certaines, depuis 2 ans : la préfecture ne peut donc expulser sans procédure judiciaire.
- qu’il s’agit d’une occupation illégale, puisque la préfecture refuse de mettre le bâtiment à disposition pour de l’hébergement.
- que la mairie a sécurisé « matériellement » et temporairement cette occupation en faisant rouvrir les compteurs, en salariant un gardien et en faisant changer les barillets.

Les médias relaient le geste de la mairie comme le signe officiel de son opposition à l’État sur la question de l’hébergement d’urgence. Mais que voyons-nous, du point de vue des habitant-e-s ? Qu’ils ne sont absolument pas protégé-e-s. Les Mimosas étant un bâtiment public, la préfecture va lancer une procédure en référé au tribunal administratif, qui peut ne prendre que quelques jours. Face aux camions de la police nationale qui viendront alors, et face aux agents de la préfecture qui ne manqueront probablement pas l’occasion de « faire le tri » entre les personnes avec et sans papiers, qui viendra soutenir les habitant-e-s ?

La mairie ne peut pas se contenter d’assurer un calme relatif à l’intérieur du bâtiment le temps que la préfecture expulse. Les médias vont probablement parler d’ »occupation illégale » et occulter l’origine de la situation, à savoir : la préfecture et l’Etat piétinent les lois sociales qui protègent les personnes, et les obligent à leur assurer un hébergement.

Au-delà des Mimosas, il s’agit bien d’une attaque de l’État contre le droit à l’hébergement et les lois sociales en général. La lutte est loin d’être finie.

Pas une personne sans logement décent ! Pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère, du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies) et de la CIP38 (Coordination Intermittent.e.s et Précaires en lutte).

La lutte contre la fermeture de Verlaine et les remises à la rue continue !

14 07  05 Marche Verlaine-blogJeudi 10 juillet

Les événements de la matinée donnent à voir à le cynisme de la préfecture de l’Isère et de la direction de l’AREPI, qui savent renouveler leurs stratégies pour arriver à leurs fins.
L’AREPI a essayé (en vain) de faire déménager les équipements du lieu par une équipe de personnes qu’elle « accompagne » et qui sont en correctionnelle, donc ne peuvent guère s’opposer au travail qu’on leur demande.
La préfecture a envoyé 3 de ses sbires, dont Mme Malerba du Service Immigration et Intégration et 2 traducteurs, pour faire comprendre aux hébergé-e-s que la seule solution qu’il leur restait était le retour « volontaire » au pays. Cela consiste à acheter – à hauteur de 50 euros par adulte et de 30 euros par enfant – leur disparition momentanée du pays pendant deux ans (l’aide financière étant assujettie à l’interdiction de retour sur le territoire pendant 2 ans). L’acceptation de cette proposition étant LA condition à laquelle ils pourraient « bénéficier » d’un hébergement en hôtel jusqu’à leur vol..
Nous avons quand même eu la joie mesquine, alors que nous bloquions les entrées, de voir l’une de ces envoyée de la préfecture, attifée comme pour un mariage, se hisser péniblement à l’intérieur du bâtiment en rentrant par la fenêtre.
La préfecture a de l’humour : pour coller à l’ambiance « vacances », elle a même sollicité trois minibus de tourisme pour emmener les personnes vers les hôtels situés dans des lieux de plaisance bizarrement situés non loin de l’aéroport de St Geoirs (hasard ou vice ?).
Nous vous passons les détails sur les agents du gaz et de l’électricité venus couper les fluides, repartis bredouilles, et sur les discours creux des sieurs CALUORI, BAYOT et BALESTAS (respectivement directeurs et président de l’AREPI-L’Etape).

La préfecture donne des indications contradictoires, indiquant tantôt que l’AREPI s’apprête à quitter les lieux et qu’un constat d’huissier doit être fait pour constater leur occupation par les hébergé-e-s, puis demandant à l’AREPI de prolonger leur convention et de se maintenir sur place.
Pendant ce temps-là, la mairie ne donne guère de signe d’intérêt et de considération pour les hébergé-e-s et pour la mobilisation.
La Métro peine à avancer sur un projet de plate-forme d’hébergement.
Le Conseil Général est brillant de mutisme sur la question de ces familles avec enfants, parfois en bas âge, menacées depuis des jours d’une (sur)vie dans la rue.

Mais les soutiens sont là, parmi les associations d’entraide et d’Alerte Isère, qui se battent pour interpeller les pouvoirs publics et pour soutenir les hébergé-e-s,
parmi les personnes qui reviennent chaque jour avec du café, des gâteaux,
parmi les personnes qui osent venir « pour la première fois ».
Les hébergé-e-s sont fatigué-e-s mais pas dupes. Certains « craquent » et acceptent d’aller en hôtel, en sachant que ce n’est que pour quelques jours.
Notre soutien est important. La lutte s’ancre dans nos quotidiens. Nous ne lâcherons pas !

Pas une personne sans logement décent ! Pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère, du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies) et de la CIP38 (Coordination Intermittent.e.s et Précaires en lutte).


Mercredi 9 juillet

Rassemblement Verlaine 4-7-2014

Les hébergé-e-s ont été convoqué-e-s hier par le directeur de l’Arépi, M. Caluori, pour transmettre les ordres de la préfecture. Celle-ci continue de dire qu’il n’y a aucune solution d’hébergement, mais qu’il reste une solution : l’aide au retour volontaire (!). L’annonce a été faite que le foyer serait fermé cette semaine, et l’eau et l’électricité coupés.
La préfecture laisse ainsi planer la peur d’une expulsion imminente depuis maintenant 4 jours.

Le collectif Alerte Isère a fortement interpellé le préfet, le préfet de Région, la Métro et la Ville.
Il a placé en priorité, avant toute autre démarche, la résolution du problème des personnes de Verlaine.

La préfecture se fout des personnes, du social, des lois qui protègent les gens, et affiche un cynisme décomplexé.
La Métro travaille à la mise en place urgente d’une plate-forme hébergement – mais pour quand ??
La Ville ne veut pas intervenir en tant que telle.
Le Conseil Général n’a pas bougé le petit doigt…
Une fois encore, des enjeux politiques (ici, un bras de fer entre l’Etat et les collectivités territoriales) foulent au pieds les plus démunis.
La lutte s’amplifie. Nous (hébergé-e-s, militant-e-s, associations de plus en plus en colère) ne lâcherons pas.

Pas une personne sans logement décent ! Pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère, du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies) et de la CIP38 (Coordination Intermittent.e.s et Précaires en lutte).


Dimanche 6 juillet

Voici maintenant deux jours que la mobilisation contre la fermeture du centre Verlaine et l’expulsion des hébergé-e-s continue, avec le collectif Hébergement-Logement et le soutien de nombreuses associations, dont le réseau Alerte Isère, mais aussi des syndicats et des individu-e-s. L’ensemble du mouvement a fortement interpellé la préfecture, notamment lors de la marche vendredi matin, mais aussi la Métro, la mairie de Grenoble, et l’association AREPI qui gère le centre. Il reste sur le site environ 85 personnes parmi les 120 hébergées au départ. Des familles se sont vu proposer d’aller en hôtel pour une durée soi-disant indéterminée alors que la préfecture a annoncé qu’elle ne paierait pas plus de 3 nuits d’hôtel. Le directeur de l’AREPI, M. Caluori, dit en permanence aux personnes qu’elles vont être expulsées sous peu ; ce harcèlement pèse sur les hébergé-e-s depuis 3 jours.

La lutte continue…

Devant les expulsions, Résistons !

Dimanche 6 juillet, restez disponibles !!

Lundi 7 juillet Petit déjeuner solidaire Dés 6h du matin 11 avenue Paul Verlaine, Grenoble

Pas une personne sans un toit décent, pas un logement sans personne dedans !

Le collectif Hébergement-Logement, avec le soutien du collectif Alerte Isère et du CCRPA (Conseil consultatif régional des personnes accueillies)

Fermeture du centre d’hébergement de la rue Verlaine

Fermeture de Verlaine et des places pérennisées de l’hivernal :

RDV vendredi 4 juillet, à 9h, devant le Foyer Les Mimosas

11 avenue Paul Verlaine à Grenoble

Pour marcher avec les hébergé-e-s jusqu’à la préfecture

Rassemblement prefecture 27-03-2014.cleanedIl existe en France des lois qui encadrent l’hébergement d’urgence, afin d’assurer à toute personne à la rue l’accès à un toit, dans le cadre du devoir d’assistance à personne en danger. L’hébergement d’urgence est ainsi une porte d’entrée dans le dispositif d’hébergement et de logement global. (cf articles L.345-2-2 et L.345-2-3 du Code de l’Action Sociale et des Familles sur l’inconditionnalité et la continuité de l’hébergement).

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Depuis la fin du dispositif hivernal, en dépit de ces lois, des centaines de personnes sont mises à la rue, de force ou sous la pression, de certains centres d’hébergement d’urgence, sans qu’aucune proposition de relogement ne leur soit faite. C’est illégal et inhumain.

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Qui sont les responsables de cette situation ?

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En premier lieu l’État, qui se désengage, notamment dans le financement de l’action sociale, et tente de transférer ses compétences et responsabilités aux communautés de communes sans budgets pour les gérer.

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Ensuite, certaines associations d’hébergement comme l’Arépi et la Relève qui renient sans complexe leur rôle social et cherchent à obtenir le maximum de subventions en faisant du zèle pour l’État : pressions sur les hébergés, maltraitance, participation à l’organisation des expulsions des hébergements et du territoire…

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Le Conseil Général, qui a normalement obligation de prendre soin et d’héberger les familles avec enfants au nom de la protection de l’enfance. Au lieu de cela, le Conseil Général de l’Isère choisir de restreindre ce droit aux femmes seules avec enfants de moins de trois ans, laissant les autres à la rue.

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Les communes et regroupements de communes qui, refusant de porter les compétences de l’État, refusent par la même occasion d’assumer pleinement leur responsabilité de sûreté des habitants en laissant les expulsés à la rue, et les sans papier en dehors du droit commun.

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Dans ce contexte, et depuis la fin du dispositif hivernal, un collectif de lutte s’est mobilisé, rassemblant des associations militantes, des hébergé-e-s, des individu-e-s en colère. Mais malgré les actions menées durant ces trois mois :

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- l’État décide de couper les vivres, de fermer les places pérennisées de l’hivernal sans proposition de relogement des personnes hébergées, et, pour mieux pousser les personnes à partir des centres, de distribuer des OQTF, des assignations à résidence (pour quelle résidence ?)…

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- L’Arépi et la Relève poursuivent les pressions sur les hébergés pour les pousser à quitter les centres et places d’hébergement, au mépris de leurs droits.

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- La commune de Grenoble et d’autres communes de la Métro s’arc-boutent sur leur refus de palier aux carences de l’État et ne prennent pas pleinement en compte que la gravité de la situation actuelle appelle d’autres stratégies, si l’on ne veut pas que ce soit toujours les mêmes populations qui en fassent les frais.

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Conclusion:

Le centre d’hébergement des Mimosas, avenue P. Verlaine,

comme d’autres hébergements gérés par l’AREPI et la Relève,

vont fermer leurs portes au plus tard le 5 juillet,

expulsant les habitants sans proposition de relogement.

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Nous invitons donc toutes personnes, associations de bonne volonté à venir :

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Le vendredi 4 juillet, 9h, au centre Les mimosas

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pour une marche solidaire jusqu’à la préfecture

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Le samedi 5 juillet, à partir de 6 h du matin et toute la journée

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pour venir en soutien aux hébergé-es et dénoncer publiquement ces agissements

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Vous connaissez des journalistes ?

Invitez-les, une conférence de presse s’impose, pour entendre enfin les personnes hébergées, les associations et personnes en soutien,

dénoncer haut et fort les actes de la préfecture.

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Vous connaissez des avocats?

Invitez- les aussi, car nous aurons besoin d’eux le 5 juillet.

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Vous voulez signer l’appel en tant qu’association ou collectif ?

N’hésitez pas à contacter des personnes/associations du collectif Hébergement-Logement

(CIIP, CISEM, Patate chaude, individu-e-s…)

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Le collectif Hébergement-Logement, Grenoble, le 30 juin 2014